lundi 23 octobre 2006

L A C U L T U R E D E S I N D I V I D U . E . S
Slick Art Fair #1
Du vendredi 27 octobre au lundi 30 octobre 2006
14h/20h
à La Bellevilloise 19/21 rue Boyer 75020 M° Gambetta

conception / interprétation / chants : François Chaignaud
textes : Robert Walser
musique : Olivier Messiaen / Bohren und der Club of Gore
Remerciements à Johanna Kortals Altes et Sarah Chaumette

vendredi 20 octobre 2006

Mais si tintements, transports, si soucis, guêts, lacets, troupeaux, mais si vachers, si Ali si petit, si mensonges, si Matthias et nos asynchronies, si Peter Zumthor, mais si épilepsies, retournements, rotations, pirouettes de cerveaux, danses, mais si les urgences de Zürich, mais si pire encore, ailleurs, quelqu'un d'autre, si moutons et ombres, si Mariusz, si décliné, s'il s'aigrit, ne prévient plus, si Vals si autogéré, si ensoleillé,
si bains pires, si couples pré-familiaux, si caisson d'isolation phonique, si Barbara ou un.e autre plus zélé.e, si
si interdiction, si débâcle, si malchance, si entêtement, si déterminisme, si causalisme, si aporie,
mais si perles, brillants, tigres, plantes, perches, sons, et si flexions de cerveaux, morts directes, films, foires, tours du monde, dépouilles, statues, postérité, si parcs accueillant statues et jeunes amants, si nuit
si palpitant, si palpitations, si nausées, si acheminées avec retard, les lettres, faire part glauques, si éternité,
si Danity Kane, si sans vous, si nuit, si pression, s'il ne m'importe peu,
si en secret, bouilloires, si magnifique, si long, si inutile,
si ensemble à partir de février, si ascendant, si plus,
mais si récidive,
mais si stimulant, si fameuse, si fossé entre nous, si à nouveau ensemble, si Lille, si mer, si journalistes, si succès, si tu es là, si timide, si méconnu, mais si beau pourtant,
si moto, si peu commentée, si crevée déjà, si proche, si résigné,
mais si dans les temps, analytique, si postérité, si diffusée, si le 3/18, si Gisèle, si Alain, si commémorations, si Odile, si Karim, Pascal, Pierre, Mark, Déborah, Steve, Sarah, si conférence de momies, si tables rondes vaines, mais si tous nez au mûr, courses discriminantes, culte identitaire, lignes rigides de discussion, yeux fermés,

si virages, klaxons quadritonaux


Machine :
si nu, vierge, né si vieux,
si triste
mais si réparé, si bâclé,
si démuni, flanqué si peu soutenu, si imaginatif, si Alice, parturiente vicariale,

si coïncidences, si nouveaux drames, si retards, si fatigue, mais si la vérité, mais si

si ambitieux, si au bout de 60 heures, mais si quinze heures plus tôt, si toujours liquide, mais si ciboulette, si fermenté, si pause - sling - ventres plus chauds, si macéré, si bon,
mais si dermose, si cygne rasé, si neige artificielle,
si géographique le temps, si le froid, si imaginatif, bain-marie,
si souris dilatée, si langue de veau râpeuse, si main morte, si pâle,

si jamais, si le cadeau, mais si jamais, si leçon de Sprinkle, si jardin chaud, désinvolte,

si déclaré, si beau, si beau dans la nuit,
si un messager

samedi 7 octobre 2006

SOINS

Du goutte-à-goutte forcené, glaçant l'avant-bras, je me souviens des mensonges des infirmiers et de l'injustice flagrante : mon voisin, 37 ans, découvrant au moment de l'intervention l'étirement, les professeures de danse, est traité comme un pilote : sa perfusion ambulatoire, nonchalamment brochée à un mât (une vergue roulante) lui offre la possibilité de prendre beaucoup de place, de parader, de s'évanouir (alors que ma poche, mon lit et moi sont solidairement épinglés).
Les douches sont vertes, vives et fades, plus foncées que les blouses des hommes agents hôteliers, d'un vert qu'aucun oiseau, qu'aucun lac, qu'aucun fard n'aura jamais.
Deux ascenceurs se font face, aux deux extrêmités du couloir. L'un achemine les visiteurs, les visiteuses, muni.e.s de présents, de colliers magiques, d'impossible empathie, de dévouement, d'or, d'indifférence en fait ; à condition que l'on ait des visiteurs, des visiteuses : j'admire et j'envie l'isolement perçant de mon voisin, aux exigences de diva, préservant son image, son éclat, évitant l'ennui des bonnes intentions ; seul son père, épaté, veille, muet. L'autre ascenceur est monté comme un ascenceur de squatt, coulisse, est dédoublé, est mécanique. On ne le prend jamais seul : un patient, dénudé - les jupettes réglementaires sont belles, blanches, courtes, étiquettées - et déjà drogué est toujours accompagné de deux grands brancardiers curieux mais blasés. Notre chambre était la chambre la plus proche de l'ascenceur menant au bloc, réfrigéré, fourmillant de stagiaires, de piqûres, de tapottements, d'abus et de manipulations, de simplicité.

On pensait écrire des poésies sans métaphore, sans émerveillement, sans "admirable", "délicieux", "effroyable", "incroyable", "une sorte de", matures, mouvementées, ne plus rêver d'être Picus, perséverer dans le dépit ou faire un geste amoureux majeur, se débarasser de l'optimisme, ne pas faire de constats inutiles, n'avoir qu'une seule pensée, et concrête.







La légende est simple, c'est un crissement d'index (c'est la haute lune, les collines, le règlement des heures, et quelques autres gestes dont on ne connaît plus l'agencement) des choses très banales sur lesquelles on ne bavarde pas.

mercredi 4 octobre 2006

Il y a toujours le problème de la déontologie. Aristocratique ou pragmatique. C'est question de génération, de chance, de talent plus ou moins grand pour le faufilement, l'optimisme, de destin. Ce n'est jamais définitif.


Perché dans les zones les plus chaudes, sur une plate-forme qu'admirent les débutants et qu'envient encore les avancés, j'inhale, la tête très haute, sans la ronde courbure accablée et soumise des débutants craignant de se dresser vers les plafonds brûlants, l'air chaud, humide, qui vient napper, bouillant, mes nez, gorge, trachée, poumons. J'ai maintenant une bonne clientèle, prête à payer le prix pour bénéficier d'une séance avec moi.


Quelques conseils : "Soyez ethnologue", "Obéis sans trembler aux ordres de ta mère".


La dissolution arrive toujours au même moment ; cette fois-ci, je suis prêt à ne pas disparaître : qu'au moins, le secret préservé n'ait pas été vain. Nous trouverons :
une forêt moussue
un jour propice
des fées
des alcools anesthésiant la glotte
des succès assurés à venir
des vraies cordes pour de vrais étouffements
l'endroit idéal pour tester quelques nouvelles technologies
un osthéopathe, en cas de besoin
des récits aisés et délicieux
des façons d'oublier les légitimes fatigues
des cotons, des plumes, des soies.



Le messager est toujours le plus personnage le plus intéressant, le plus crucial et le plus présent. Il n'a pourtant jamais les plus beaux airs, il ne salue jamais le dernier, et ne reçoit jamais le plus d'applaudissement.


Etre quatre dans un lit ou être quatre sur une moto génèrent des situations tout à fait incomparables.

mardi 3 octobre 2006

Même les cils nus et pesants du sombre ou important personnage mollement mais vaillament assis en face de moi m'attirent, ces cils rèches, purs, évidents, ces compagnons sincères, clignotant avec économie et astuce et irrégularité.


Mon sac en jute est devenu une crèpe, un ballotin sans lanière, une bourse fuyante m'obbligeant à des crispations acrobatiques et parfois infructueuses pour garder avec moi mes affaires.


Après ce genre d'évènement, c'est une tristesse d'après l'incendie. C'est une tristesse brute et sans évolution, que ne vient nourrir ou gonfler aucun désespoir. C'est une tristesse rendue amère par l'optimisme nécessaire qui vient la recouvrir immédiatement. Mais l'on sauve toujours quelque chose d'un incendie.


Si les loups-garous ne s'inventent pas des légendes, qui le fera dignement pour eux ? La légende peut être aussi simple qu'un régime alimentaire : " fruits et légumes sans resrictions, vingt grammes de graisse, uniquement végétale, du poisson (cru ou grillé), du poulet, du riz, et des laitages. Un jour par semaine, exceptions permises".


Il ne faut pas aller à l'Opéra le dimanche, c'est moins guindé et moins typique. Ma voisine dans la file d'attente m'a quand même, dimanche dernier, remercié d'exister, car je lui donne de la joie et des émotions, alors que sa vie est si triste et infortunée. Je pensais n'aimer que les airs coupants, les falaises accidentées, les gouffres minéraux. En fait, les grands souffles planétaires, les mouvements diffus, les transformations climatiques me plaisent beaucoup - si je peux rester aussi vague.
L'opéra a par contre aussi besoin de tes nuits blanches, de tes drogues et de tes ressources : les scènes y sont si mal et bêtement montées.


J'affronte le malheur avec une littéralité plaisante : je rentre à l'hopîtal demain en lisant l'Enéide.


Faut-il aller ailleurs ou moins loin qu'en Ouzbékistan pour délivrer, pour la première fois, un cours intitulé DANSE ET INJUSTICE : Malhonnêteté et cruauté dans la performance / Les limites du consentement. ?

mardi 26 septembre 2006

La guêpe

J'ai tant de soucis que j'ai décidé de n'en parler qu'une fois résolus.
Je pourrai alors écrire des récits du type : " Une guêpe habitait dans mon sac, qui, bien qu'en jute, ressemble peu à un essaim. Alors que je récupérais quelques cosmétiques naturels, j'ai découvert la guêpe, vivante bien sûr mais semblant ne plus vouloir voler, marchant calmement sur le revêtement intérieur de mon sac, et certainement admirant l'environnement chatoyant (feuilles libres, poudres, portefeuilles mineurs). D'abord scandalisé, j'ai ensuite eu deux idées. Une première idée, strictement analytique, relative à l'attrait que j'ai toujours exercé sur les guêpes ; attrait si fort que même mon sac en est devenu pourvu. Des légendes racontent déjà la prédilection qu'avaient les guêpes pour ma peau lorsque j'étais enfant. Mais, moins légendaire, il y a quinze jours seulement, dans des villes d'Allemagne, j'attirais encore toutes les guêpes de la fin de l'été, énervées et agressives, tandis que les autres personnes - allemandes et non allemandes - profitaient tranquilles et tranquillement du plein air. La deuxième idée était par contre programmatique. Dès que j'en ai eu assez de me rappeler ces modestes histoires, j'ai décidé que je devais me débarasser de cette guêpe : et j'ai quand même pensé que la présence de cette guêpe randonneuse dans mon sac risquait d'attirer encore plus de guêpes autour de moi, puisque les guêpes aiment se regrouper, spécialement dans des endroits insolites. L'histoire de l'éloignement de la guêpe est en fait moins intéressante ; on connaît déjà beaucoup d'histoires de torchons et de balcons (et de vengeances de voisinage). Je n'ai eu aucune difficulté. Avez-vous vu la ruche du Parvis de Beaubourg ? "



A suivre :
La porte et le tibia radiographé (ou La clé)
Le docteur Pelouse
L'ordinateur
Un événement

...

mercredi 20 septembre 2006

Un des Espagnols dont les cuisses nues animent ou occupent le train depuis avant Vesoul est inquiet ; les éclats de rire, les chansons, les polémiques (des Espagnols avec lui l’inquiètent) aux abords de Vesoul dans un train français. Nous silencieux, le couple bleu longuement marié et moi dormant, puis je lis parce que je n’écris pas bien, et les copies en attente d’être corrigées par le professeur déjà hydropique et somnolent comme un personnage de roman, nous tous frémissons parfois, à un éclat de voix et de rire un peu haut et beau mais qui de nous s’indignerait devant la musique de leurs sourires ? Une compagnie sise ici m’explique « ma chienne a détecté ma tumeur » ( et je lis, des minutes plus tard, ailleurs mais peu loin : « j’ai trouvé ma moitié grâce au chat ») mais ce sont les bras levés des Espagnols et ils ont les bouches si rouges, je nous sais tous rêver de leurs bouches si chaudes comme un cliché et une comparaison, ce sont leurs gloires à eux, d’être dans un corail Intercity Paris Troyes Chaumont Vesoul Belfort Mulhouse Basel qui me plaît, plus encore que sa nouvelle tentative : « mon amie a perdu soixante-dix kilos grâce à la naissance de ses quintuplés ». Il y a même une fille, Lucia, comme celle de l’opéra qui se balançait au dessus de la fosse d’orchestre pour ciseler ses vocalises « comme une cascade », disaient-ils (les balançoires et la gymnastique sont bonnes pour les chanteuses), et comme celle de l’opéra, c’est la seule fille, au milieu des cuisses d’hommes orgueilleuses, elle a la voix forte et c’est elle que l’inquiet vise. Et vise encore. Une autre compagnie : « let your baby show you how to move », les hommes n’aiment et ne savent pas danser…, il faut me suivre dit-elle, puis encore : « je vais éduquer mon homme »,

Christiane Oelze chante, c’est comme si j’étais dans les hautes gorges des athlètes espagnols, fraîches, douces, là où on voit encore les dents dures et d’ivoire, là où la salive est encore souple. L’inquiet vise encore Lucia, Lucia s’est levée – alarmes de Ligeti – les beaux souriants, tous bruns, d’un brun qui prouve leur vigueur, ne l’aiment pas, ne se battent pour elle, c’est évident, ils sont eux-mêmes trop liés entre eux par des forces de désir, par les agencements que m’expliquait V.D… Avant Vesoul , (car) l’après-Vesoul est très clair, les ruisseaux, le soleil, le cycliste, les forêts où Cécilia danse, Sarah campe, CharlY consomme, mais avant, c’est l’aube et nous dormions ; j’ai cru que tu étais venu avec moi dans le train avant Vesoul, je t’ai bien vu dressé et chapeauté, en face de moi, derrière la plateforme sur laquelle viennent de migrer les Espagnols après Belfort, c’est alors un peu idiot que tu ne viennes pas lire à côté de moi. Et Rudi qui devrait être dans ce train et que je pensais à côté de moi, il faut remercier Mélanie Ruquier, elle a l’intelligence de ne pas présupposer que voyager à côté d’un collègue est préférable à voyager seul, donc, déposé sur une banquette, bruyante comme on l’a dit. Si ç’avait été toi, ç’aurait été dommage que tu ne viennes pas à mes côtés, pas de fossé ici, et puis c’est une banquette, il n’y a pas de raison d’espérer d’une banquette plus qu’il ne convient (alors que d’un lit, on espère qu’il n’ait pas de rigole, qu’il soit bien constitué) et ce sont les voyages sans espoirs les meilleurs. On aurait pu jouer avec les Espagnols, Lucia a maintenant été consignée quelque part dans le wagon – on a dépassé Belfort, des cors romantiques et veloutés, des cors, annoncent la Suisse mais Mulhouse d’abord – peut-être n’est-ce pas un jeu, mais les huit garçons lèvent le bras régulièrement basculent la tête, bouclée, gominée, rase, souvent au moment où la vieille mariée bleue rentre des toilettes, ce qui lui arrive trop souvent, et découvrent leur ventre (évidemment), ça me semble un jeu, ton ventre si bien tapis contre ton dos aurait gagné, c’est certain.

mercredi 13 septembre 2006

Le monde sans contrepoint. Ou la pureté pré-féline.

On compare souvent les improvisateurs accomplis à des félins ; et on enseigne souvent l’improvisation ou la composition en temps réel en filant la métaphore féline : il s’agit d’avoir la vigilance, les réflexes, la retenue et la sauvagerie d’un félin.

Avec Frédéric, nous étions plutôt des jeunes tigres, deux jeunes frères, qui ne chassent pas encore, qui restent encore sous la protection et la surveillance de leur mère, d’une tigresse. Ces jeunes tigres, pour acquérir les techniques de prédation, vivent et jouent ensemble, selon le même rythme : descendent ensemble à la rivière, s’ébrouent ensemble, se chamaillent ensemble, se jaugent, se provoquent, se taquinent, se reposent, s’endorment, tètent ensemble. Ils exercent ainsi tout ce dont ils auront besoin quand ils seront adultes et indépendants.
Avec Frédéric, nous étions absolument sans méfiance et sans défiance. Les frères tigres ne jouent à la chasse si bien et si délicieusement que parce qu’ils ont une absolue mutuelle confiance : le frère ne risque pas de se transformer en vrai prédateur. L’un tombe par mégarde dans un bras de ruisseau inconnu, l’autre l’y rejoint ; l’un trouve une branche amusante, l’autre en trouve une aussitôt…
Cette complémentarité imitative n’est ni niaise ni ennuyeuse. Certes, elle n’atteint pas l’élégance adulte du contrepoint félin : ruse, diversion, double jeu, économie. Mais la confiance fraternelle et la croissance partagée ont des charmes et une force bien spécifiques : comme sont habiles et audacieux les jeunes tigres qui jouent à la chasse ! comme leurs cabrioles et leurs prises sont aériennes et acrobatiques ! et comme leur repos est délectable… Certes, les frères tigres ne se font pas remarquer en chassant et tuant une gazelle ou une antilope, ils n’ont pas ce genre d’héroïsme solitaire. Mais quelle inventivité gratuite déploient-ils pour se divertir et développer leur force !
Privés de distance, d’hésitation et de prévoyance, les jeunes frères tigres se dédient entièrement à leur activité en cours, la laissent se développer avec braverie et hardiesse jusqu’à ce qu’elle transforme en une autre activité.

Il faudrait et on pourrait raconter chacune de nos séances, nos flexions acharnées, nos équilibres obstinés et hésitants, nos synchronies ahurissantes, nos simulacres, nos caresses, nos sauts combinés à d’autres flexions, nos esquives, nos contrepoids* et nos musiques… Il faudrait raconter comment nous travaillions, quels vêtements nous portions, quelle excitation et quelle affection nous réunissait.
Mais il faut surtout que je décrive la rude plasticité physique de Frédéric, sa fiable force souveraine (quel tigre adulte deviendra-t-il…) et ses somnolences : à certains moments, alors qu’il se tient debout, c’est le seul poids du sommeil qui le fait danser ; c’est très beau et très admirable.

* pas de contrepoints mais que de contrepoids







Ceci est le compte rendu d'IMMORTEL/LE/S #3, proposition de Frédéric Danos, 6_10 septembre 2006, Paris.

samedi 9 septembre 2006

Helene und Hugo
Ottilie, Edgar
Arthur
Anna
Erich und Kätchen
Theodor und Lotte


Des lieder d'automne arrivent bientôt, à chanter auprès des amant.e.s immobiles, en famille, sur un quai de métro, chez soi évidemment,
Il porte sur les dents une espèce de monture, d’appareil métallique et cranté fascinant qui tient à la fois du robot, du prédateur et de l’adolescent. Rien que cela me le rend spécialement attrayant. Il est un archétype adorable et parfait de l’opérateur de parole et d’intelligence ; il est d'ailleurs, en général, un opérateur positif remarquable – mélange de Frau Von Twann, (pour la séduction et l’aise) et de Diaghilev (pour le réseau et l’intuition), ou encore de Nestor - en moins colossal, moins antique - (pour la distinction, l’intelligence et la confiance) et de fée (pour la joie et le rire qu'il génère et communique).
Il revient souvent du Brésil ou d’une ville de province, est une cible prioritaire des équipes de douane volante et parvient régulièrement à être l’invité de réceptions diplomatiques succulentes et extraordinaires.
Hier, je lui ai montré avec coquetterie et grâce calculée ma moto électrique : et quelle fierté de l’impressionner à chaque nouvelle astuce dévoilée – ses exclamations devant ma trousse à outils rangée dans le minuscule et charmant vanity-case, son incrédulité devant la boussole de mon tableau de bord, sa bienveillance souriante et son cri réjoui et sincère à mon démarrage – si fulgurant et rayonnant, c’est bien vrai !
S’il me semble si rare et si précieux, c’est parce qu’il associe avec un talent et un style pointus le snobisme le plus sévère et indispensable à l’affection la plus déployée, la plus sincère, la plus chaleureuse et la plus démonstrative. Alors, quelle valeur se sent-on avoir quand il nous frictionne le dos, à la fin de la soirée, sur la terrasse refroidie et dépeuplée, ou lorsqu’il nous offre avec une générosité discrète et bouleversante un sirop à l’eau ou une liqueur – selon l’heure !

Finalement, je ne suis pas rentré avec lui hier (mon nouveau moyen de déplacement m’isole autant qu’il me valorise) ; ç’aurait été amusant pourtant : il y a quelques mois, j'avais déjà été dans son lit mais en son absence et dans de tout autres circonstances. A dire vrai, j'ai rejoint hier encore bien meilleur lit.

lundi 14 août 2006

Redessiné, aminci et anobli par les révolutions propriosceptives passées, renforcé et confiant grâce à la bienveillance des moustachus à louer là-bas, aux moustachus déjà loués et aux moustachus locataires à venir ces soirs, raffermi par tant d'épreuves et de traversées énigmatiques et turbulentes, illuminé par les voyages à travers les immensités nuageuses découpées par la lumière vespérale, animées par notre rapidité, espiègle et oblique..., vivement intéressé par les tramways de Düsseldorf, longs et préhistoriques, se tortillant comme des rachis de dinosaures (et pouvait-on espérer plus dépaysant que de fendre Düsseldorf - la plus japonaise des villes européennes - à dos et à vertèbres d'archosauriens ?) et, enfin, rendu ostensiblement aimable et avenant grâce aux parfums thérapeutiques dérobés dans les DutyFree, je chauffe mon dos endolori et professionnel au soleil du Remor, dans le bas de Plainpalais à Genève, je quitte ma jolie chambre - ma studette - du Pont d'Arve, pour lancer quelques invitations : et Genève semble nous sourire, ravie de nous revoir, chantonne et sautille en notre honneur ; La Bâtie commence demain, et les Genèvois disent que La Bâtie est la dernière chance pour se trouver un amant avant l'hiver.

vendredi 28 juillet 2006

Depuis mes débuts à 4 ans et demi, je suis passé de l’état d’enfant prodige à celui de virtuose affirmé.


Je suis considéré comme l’un des plus brillants artistes du monde. Je maîtrise un répertoire d’une rare ampleur et je me produis dans les salles les plus prestigieuses du monde. J’entre dans la légende. Je parcours désormais le monde avec les plus grands. Je suis l’une des stars montantes de la jeune génération. J’ai reçu les conseils des très grands. J’ai fait sensation. J’ai été hautement acclamé par la critique. Je suis monté très vite au top des sondages. Beauté, puissance, chaleur, émotion, musicalité et dramatisme instinctifs sont mes qualités remarquées. Je suis l’un des rares artistes dont la carrière emprunte un si grand nombre de chemins ! Je me démarque des artistes de ma génération. Je suis aujourd’hui reconnu mondialement. Je suis déjà considéré comme un des artistes les plus intéressants. Insolente sérénité, technique immaculée, sensibilité, poésie et rondeur sont mes qualités. De nombreux critiques me placent au sommet. Je suis vainqueur du prestigieux Concours Reine Elizabeth de Belgique. Les plus grands m’invitent désormais. Je dégage une personnalité charismatique, faite de virtuosité et de simplicité. Je suis apprécié. Je suis reconnu comme l’un des plus impressionnants artistes de ma génération. Je suis reconnu dans le monde entier comme un artiste raffiné. Tous les Anglais me sollicitent. A 26 ans seulement, je suis l’un des artistes Jeune Génération invité par la radio anglaise jusqu’en 2007. J’acquiers la reconnaissance internationale en remportant le 12ème Concours International de Moscou. Depuis ma victoire, je suis invité à travailler avec des artistes prestigieux. Ce double héritage me permet d’allier poésie délicate, fort tempérament et technique brillante. A 22 ans, je suis déjà célèbre dans toutes les capitales du monde. Ma biographie en Chine est devenue un best-seller. Je suis déjà connu de millions de téléspectateurs. Ma fabuleuse virtuosité, au service d’une personnalité rare, à la fois ironique et mélancolique, fait de moi, enfant prodige né dans une famille d’artistes, l’un des plus grands talents de ma génération. Je suis l’artiste officiel du Concours Reine Elizabeth de Belgique. Mon interprétation profonde et poétique est désormais emblématique. Je commence à improviser dès l’âge de deux ans. Je me produis dans les plus grandes villes du monde, collectionnant les récompenses dont le prestigieux prix Triomphe. Distinction, raffinement, poésie : telles pourraient être mes qualités suprêmes. Je suis aimé et respecté non seulement de mon large public mais de toute la profession. Je suis un artiste d’une qualité rare, reconnu pour ma virtuosité, ma fraternité artistique et mon intégrité. Je suis à l’aise sur tous les fronts. Je suis considéré comme l’un des meilleurs artistes de ma génération. J’ai été décoré de la médaille Purple Ribbon. Je commence à pratiquer à l’âge de huit ans. Ma virtuosité fait de moi l’un des artistes les plus charismatiques de ma génération et un pionner en art contemporain. Je suis l’un des artistes les plus accomplis et les prometteurs sur la scène internationale. Je travaille aujourd’hui avec les meilleurs artistes. Je suis recherché par toutes les plus grandes scènes internationales. J’ai mon agenda comble jusqu’en 2009 ! De nombreux documentaires témoignent de mes talents. Je suis ambassadeur honoraire des Nations Unies. Je fais partie de cette jeune génération d’artistes charismatiques et talentueux dont l’ambition est non seulement de travailler le répertoire classique mais également d’explorer les nouveaux aspects de la création. Je remporte plusieurs concours internationaux et commence une carrière de très haut niveau. Je bénéficie d’une réputation internationale exceptionnelle grâce à un alliage inhabituel de compétences. Je me suis produit partout. Je suis célébré par la critique et plébiscité par le public. Ma vocation m’est apparue dans mon enfance. Je me suis produit dans 59 pays différents. Je suis l’un des artistes les plus prisés de ma génération. Admiré pour mon lyrisme poétique et ma brillante technique, je suis célébré sur les plus grandes scènes internationales. J’ai déjà derrière moi une carrière internationale. J’ai atteint le titre rare de superstar.


Verbier, août 2006.

mardi 25 juillet 2006

« Il y aura des matelas (empilés, à assiéger), peu de spectateurs-spectatrices (deux ou trois à chaque fois), des échelles (pour grimper sur les matelas et pour avoir envie de fabriquer des sculptures), des perles (pour s’en revêtir, pour les offrir et pour les concasser), des opérettes allemandes à écouter et à chanter, des contorsions, des musiques de Brahms, de Clogs et de Westlife, des blouses, des kimonos, des peignoirs (à faire circuler, à suspendre et à enfiler), des murs blancs (à maculer), des danses décoordonnées, extrêmes, fermentées et abstraites, des écouteurs (pour se concentrer), des tapis de faux cheveux, des lumières rouges (presque psychédéliques), des transistors, des interrupteurs, des pieds pointus et fascinants, des cadeaux (une parure de prince arabe, des gels éclaircissants thermoréactifs pour les cheveux),
et il y aura beaucoup d’injustice et de malhonnêteté (entre nous, sur nous, entre vous et nous, autour de nous, à l’intérieur de nous et de la pièce) : des rites initiatiques pervers, des traquenards, des pièges – des manipulations et des abus. »

samedi 15 juillet 2006

- Tant de dont moi qui depuis ne peut me faire à ce que qui ne peux sans. À quoi s’ajoute Au très petit matin c’est déjà Sous les hauts dans le fond du au milieu du sous le au-dessus de la. Sur les hauts : au matin de comme je tarde. En fin de (matinée) à l’entrée d’un dans le haut d’une. De la ligne de à l’autre. Dans le soir du vers. Sur la vaste (place) de part et d’autres. De la (charcuterie) d’en face sortent. De nuit dans l’ la plus grande part du et de la étant – de l’autre chargé de de d’ à mon corps (affaibli) et déjà mais moi. Plus tard dans ce qui reste de notre de et de. Sur le mur à droite du. Le lendemain moi qui me suis toujours pour qui le pour qui le jour c’est comme si dans ce qui reste encore de la journée des raisons de. de l’après-midi mais inversement jadis à l’aube voué à vers mon lit et déjà près de. Mais de l’autre côté de la qui traverse et partage un long et haut dans par le (textile supérieur). entre (vergers et) sur un petit longe à hauteur de - soit à aussi vite que le soit aussi vite le au bord du à un où tous les jours (des femmes). Le soir quand dans la lumière qui baisse. Je pense alors. au titre de la presque invisible mais. La nuit après tous ces mois d’ dans des. Le lendemain soir avant le la nuit vient au sous les (pins). Tôt le lendemain matin je me remets au entre mon et les sur ma nous autres et pire avant celui. Malgré le je refuse de à l’(intérieur) de la. Au lieu de près de et en retrait du au centre du et où est (morte). Enfin ce ne sont plus les seuls qui ont du ce sont les et l’un d’eux se. Je dois alors dans les aux la que je vais faire et quoi et comment y du milieu et de la fin de de telle façon comme autre chose que. Est-ce dans est-ce dans au bout de laquelle est en reculant je et longe. A l’aube d’un nouvel au bord de d’entre les (hautes) et je longe je me crois de l’autre du côté de au bord de l’. La mer dans lequel (gisent) pour moi depuis avec leurs leurs leur. Que ne suis-je de. vers le bord du de contentement à ce moment de l’année. Il me faut plus de deux. Plus tard un jour où déjeuner hors de la ville me trouve et de cette façon chez l’(ami) près duquel où je reviens peu depuis à reculons dans l’état où je me sais.

vendredi 30 juin 2006

Douze archers préfectoraux intoxiqués. Un service préfectoral intoxiqué. L’intoxication de douze archers préfectoraux. La préfecture intoxique ses archers. Des logisticiens intoxiquent la préfecture. La préfecture intoxiquée par ses logisticiens. La préfecture intoxique ses commis. L’intoxication préfectorale. C’est la guerre : les douze archers préfectoraux intoxiqués intoxiquent de nombreux logisticiens. Les commis préfectoraux épargnés. L’intoxication logistique. La logistique intoxicante : l’inquiétante mutation. La préfecture intoxiquée par sa logistique. Les douze archers intoxiqués sont vivants. Les autorités préfectorales intoxiquent des commis. Les préfectoraux intoxiqués. Toxique logistique. L’intoxication des équipementiers. La mise en cause de flèches intoxiquées. La responsabilité des équipementiers préfectoraux. Les équipementiers intoxiqués donnent une version accablante des faits. Équipementiers et archers intoxiqués dénoncent les logisticiens préfectoraux. Le drame des douze archers intoxiqués. Logistique toxique : la contagion continue. La préfecture intoxique ses archers. Les révélations des équipementiers intoxiqués. La logistique des intoxications. La vérité sur l’intoxication des équipementiers. Les archers face aux équipementiers intoxiqués : l’heure de vérité. Les flèches intoxiquées retrouvées dans les sous-sols des services préfectoraux de logistique. Les logisticiens embarrassés par la découverte de flèches intoxiquées. Les flèches des logisticiens préfectoraux : la polémique. Des logisticiens mal intentionnés. L’intoxication des équipementiers. Les équipementiers préfectoraux mis hors de cause. Les douze archers préfectoraux toujours intoxiqués. Intoxication des douze archers préfectoraux : l’horreur. Équipementiers et logisticiens font face à l’intoxication. Le silence des commis préfectoraux. L’embarras dans les préfectures intoxiquées. Intoxicante logistique. La prise d’indépendance des archers. Vers l’autogestion des équipementiers ? Le poison logistique. Les nouvelles flèches. Intoxication des archers préfectoraux : comment éviter que le pire se reproduise ?

mardi 27 juin 2006

je suis injuste, autant que tu es trop peu précise, tes cheveux, ta blondeur te rendent imprécise, tu es, crois-tu, authentique, tu es, crois-tu, naturellement juste, je danse avec beaucoup d'injustice, je me serre trop près de toi, je tourne trop, ce n'est pas juste, je te laisse étourdie, tu cherches ton naturel, tu cherches juste ta simplicité, je vais trop vite, je vais plus vite que les autres, et je vais aller encore plus vite, je vais trop devant, on voit que tu deviens rouge, on voit que tu es au bord de perdre ta simplicité, ton naturel, ton authenticité, tu ne sais pas comment me modérer, ta justice manque d'éloquence, tu essaies juste de rester neutre, tu n'ouvres les yeux que lorsque tu as le dos tourné, juste le temps de me demander d'aller plus doucement, de me calmer, d'en faire moins, je m'assois sur tes cheveux, tu es trop blonde et imprécise, tu ne peux pas te relever à temps sans t'arracher les cheveux, coinçés sous mes pieds, ce n'est pas juste, alors tu continues avec moins de cheveux, tu essaies de rester naturelle, simple surtout, tu aimes la simplicité, la simplicité garantit, crois-tu, la justesse, c'est pour ton bien si je t'arrache les cheveux, c'est injuste, mais comme ça tu parais plus précise, jusque tes mains en profitent, avec moins de cheveux, tu sembles moins mauvaise, tu cesses presque d'être vulgaire, tu te dégrossis un peu, je suis injuste avec toi, mais tu me remercieras, dans pas très longtemps, tu ne lis pas de livres pour être juste, tu crois avoir le sens naturel de la justice, tu sais, crois-tu, repérer les injustices, tu respectes les gens qui lisent, mais tu n'as pas besoin de lire, tu sais d'avance tout cela, tu sais sentir, tu sens, crois-tu, ce qui est naturel, pourtant tu as peur de l'injustice, elle te rend taciturne et tourmentée, tu bégaies, tu ne sais pas dénoncer l'injustice, tu perds tes moyens, tu te touches les cheveux, tu les arranges, c'est pour ça que l'injustice te fait peur, tu ne sais pas trop parler, tu rougis, tu faiblis, tu essaies de rester neutre, tu essaies de réagir avec justesse, tu sais, crois-tu, être juste présente, tu aimes être présente, tu penses que tu n'as pas besoin de parler, tes gestes, penses-tu, se passent de mots, tu aimes être présente, surtout avec lui, tu sens que tu accèdes à une forme supérieure de justice, à une neutralité juste, tu aimes être présente avec lui, il te fait oublier que tu n'es pas précise, il a quelque chose mais il sait rester naturel, je te retrouve après lui, je démolis tes efforts et ses efforts, tu essaies de rester neutre quand tu me retrouves, tu es pourtant excessivement rouge, tu deviens paniquée, tu essaies de te rappeler ces beaux hommes naturels que tu as vu l'autre soir, tu essaies de les imiter, tu voudrais danser avec eux, tu es trop juste pour me maudire, tu essaies de rester calme, tu n'aimes pas l'injustice, tu ne comprends plus pourquoi ton combat pour la justice est si peu récompensé, tu veux rester au milieu, tu ne veux pas aller si près des gens, je fais exprès d'être injuste, de frôler les gens, de te serrer si fort les poignets que tu ne peux pas te retourner, de te coincer la nuque, de te porter si longtemps que tu as le vertige, tu veux garder une forme de froideur et de distance, tu veux rester calme et neutre, tu voudrais te cacher au milieu, mais je ne te laisse pas la possibilité de chosir, je prends toutes les décisions, à nouveau les plus nuisibles pour toi, les plus injustes, je veux que l'on voit que tu es rouge, que tu es lourde, je suis injuste avec toi pour que l'on voit comment tu essaies de rester neutre, comment tu essaies de garder une certaine justesse dans ton interprétation.

dimanche 25 juin 2006

Y a-t-il une possible marque du quintuple ? Peut-on quintupler le marqué le non marqué ? Que démarque le quintuple ? A quel moment démarqué est-il quintuplé ? Peut-on quintupler le plié le tendu ? Etiré est-il la marque quintuplée du tendu ? Pointé est-il la marque quintuplée multipliée du tendu d’étiré ? Crispé multiplie-t-il la marque du tendu du pointé du visé du durci du pointu ? Pointu quintuple-t-il le pointé ? A quel moment pointu est-il le multiplié de pointé de saigné ? Dur est-il une multiplication du tiré du tendu ? Verrouillé est-il un multiple du marqué du serré du tendu du saigné? Tendu, étiré, déplié, pointé, droit sont-ils des multiples des quintuples du marqué du noté du sué ? Est ce que multiplié est quintuplé ? Est-ce que coïncidé est décalé ? Est-ce que choisi cinq fois est déjà multiplié ? Est-ce marqué cinq fois est quintuplé ? Est-ce que marqué quintuplé décalé saigné et pointé deviennent cinq fois plus marqués, cinq fois plus verticaux, cinq fois plus profonds, cinq fois plus transversaux, cinq fois moins binaires, cinq fois plus sagittaux, cinq fois plus puissants, projetés, admirables ? Est-ce que le plié le mou le flasque le détendu sont les multiples du non marqué ? Est-ce que déplié multiplie le relâché ? Est-ce que coupé est mou ? Est-ce que sectionné est tendu ou détendu ? Est-ce qu’amputé est un multiple du quintuple ? Est-ce qu’amputé et pointé sont proportionnellement coefficientés ? Est-ce que pointu multiplie le cassé le fêlé l’ébréché le blessé ? Est-ce que le quintuple d’amputé est marqué ou non marqué ? Est-ce qu’amputé est pointé est saigné est sué est démarqué ? Est-ce qu’amputé est quintuple ou doublé ? Est-ce que rond multiplie le non marqué, l’amputé, le mou, l’oxygéné ? Est-ce qu’oxygéné est un multiple de pointé ? Est-ce qu’oxygéné est un coefficient du quintuple ? Qu’est-ce qu’oxygéné multiplie ? A quel exposant oxygéné et amputé s’appliquent ? Oxygéné et amputé sont-ils les multiples de plié et de tendu ? Détendu est-il démarqué ? Détendu est-il oxygéné plié crispé ? Détendu est-il liquide ? Est-ce que raide est un multiple possible ? Est-ce que bandé est un multiple de marqué de raide de pointé de marqué ? Est-ce que liquide démarque bandé ? Souple quintuple-t-il le liquide le mou le disponible le non marqué ? Est-ce que bandé est amputé ? Amputé est-il déjà multiplié de dur de dardant de victorieux de dressé ? Peut-on quintupler le dressé et l’abattu ? Descendu est-il une division de pressé ? Est-ce que la pression artérielle est une marque comptabilisable ? Est-ce que les graphiques restent lisibles ? A quels seuils deviennent-ils incompréhensibles ? A partir de quel multiple du quintuple deviennent-ils cinq fois trop complexes ? Cinq fois trop épais ? Cinq fois trop grands pour l’écran ? Cinq fois démesurés ? A quels moments les courbes redeviennent cinq fois trop dures, cinq fois trop raidies, cinq fois trop marquées, cinq fois trop ennuyeuses, cinq fois trop dangereuses, cinq fois trop nues ? A quel moment le mou marque-t-il le pointé? A quel moment ouvert est saturé ? A quel moment désarticulé est un nombre parfait ? A quel moment désarticulé ne peut plus être marqué ? A quel moment désarticulé ne peut même plus être non marqué ? A quel moment embrassé est découpé ? A quel moment embrassé est non marqué, est tendu, est ouvert ? A quel moment embrassé est oxygéné ? A quelle condition embrassé est démarqué et marqué ? A quelle condition sécrété est quintuplé ? A quelle condition quintuplé est embrassé est salivé est sécrété ? A quelle condition multiplié est embrassé ? A quelle condition est-on multiplié ? A quelle condition les multiples deviennent-ils incompatibles entre eux ?

jeudi 22 juin 2006

Juste trente huit minutes avant que l'écran ne s'endorme, ne se noircisse, ne se mutine.

premier Campari
première visite à Lille
premiere nuit dans un train de nuit
première fois à Berlin
premiers fenouils crus
premiers ceinturons
premier vélo de course
première piscine flottant sur un fleuve
première danse avec un enfant
première dent de sagesse extraite
première substitution d'identité complexe et parfaitement réussie
premier concert de clavecin solo
première soutenance
premier symposium
première nuit entière dans un sauna
premier festival
premier allemand

samedi 17 juin 2006

Au front, maintenu sec, auprès des ventilations, apposé (forcé) contre les genoux ou mieux contre l’anse dure et harmonieuse des deux tibias réunis ou, aussi contre sa propre cuisse, au front des crânes tatoués ou sculptés des petits robots métisses qui se décoordonnent à nos côtés, au front bleuis des ami.e.s par trop de maladresses ornementales (l’ornementation nécessite un minimum d’intuition – certainement la seule pratique qui en exige), au front tombant de mes étudiant.e.s presque anglais, au front des franges sur-entretenues ;
je suce le front de momies, de travesties microscopiques sud-africaines vivant comme de vieilles somités japonaises, je suce le front des amis râpeux :
/// des débroussailleuses, chaleureusement soutenues par des techniciennes d’usinages, chantournent, effraient le danger, le mouillent, le laissent fondre, le dissolvent. Jouent à la fronde. ///
En représailles, j’accuse maintenant les petites filles trop agaçantes (effrontées ?) d’être des petits garçons : arme redoutable, évidemment. Et, vexées et abattues, se compriment, mieux que moi, la tyroïde, qui vient s’étaler sur leurs sternums, leurs plexus, leurs petits muscles. C’est impressionnant (et très sain pour elles).
Alors qu’ici, je dois me transformer en montagne, convoquer des ruisseaux,les orienter sur mes versants, les répartir, décrire à mon entourage les mouvements, presque les tremblements de terre ou les plissements de croûte voire les révolutions géologiques, je dois entendre une femme mince et de los angeles ne parler qu’anglais, qu’avec des infinitifs, prononcés avec un débit continuellement très rapide et manifestant beaucoup de suspicion à mon égard, je dois partager les sources (d'eaux), prendre des potions effroyablement surdosées et même les prendre en double, pour espérer former quelques nuages, quelques pluies qu’il s’agit alors d’exprimer par les compressions recherchées.
Finalement, je prends des avis auprès des femmes regroupées en option non traditionnelles, nous nous mettons à la ferblanterie, à l'ingénierie et au débardage, sans plus trop nous soucier de l'équité de la répartition entre les compressions frontalement sagittalement transversalement de nos glandes.

mardi 9 mai 2006

Mon sternum ne s'est toujours pas déchiré. Malgré mes efforts, ses craquements ne sont que les signes de son expansion, et non pas ses premiers bris.

ROMAN DE GUERRE

Au moment où les affinités se déclarent, où les regroupements se politisent, où les moustaches en sueur s’accolent fraternellement au moment des embrassades de fin de réunions, au moment où les urgences, les grandes causes, les discours tremblant d’émotions font émerger les charismes, maquillent les yeux de certain.e.s et couvrent de honte les viasges des autres, au moment où les mensonges, les alliances, les apostasies grandiloquentes, les excommunications, les saltos, les culbutes déchaînent les compérages, les frottements, les poils-à-poils confiants et les cohabitations lumineusement précaires, £ caresse plus que les autres ne le font, caresse les plus minces, les moins maquillé.e.s, les moins brillant.e.s, les moins vibrant.e.s, les moins sûr.e.s des connivences affinitaires, les moins prompt.e.s à reconnaître les moustaches bienveillantes, les moins habitué.e.s à ce que les transpirations militantes, les discours virils et les attouchements politiques les détendent, les moins habitué.e.s à guetter les prolongements nocturnes des votes de la journée, £ les enveloppe, leur explique son point de vue, les réchauffe, leur offre des livres, les masse, les enivre, les aime, les protège, les embrasse entre ses larges épaules, les guide, les flatte, les présente, les trouble.

Pendant les assemblées générales, extraordinaires et ordinaires, pendant les commissions, les plénières, les paritaires, les non-mixtes, les représentatives, les célébrations, pendant les cérémonies (informelles), pendant les réunions préparatoires, pendant les conciliabules palpitants et décisifs, pendant les apéritifs sororaux (et fraternels), lorsque les bières mouillent et adoucissent les moustaches, pendant les colloques, les séminaires, les universités estivales, les conférences publiques, pendant les votes, pendant les prises de paroles, £ est plus grand que les autres, s’irrite plus, s’échauffe plus, s’avance, se retire, sue, s’enroue, séduit, tempête ; £ s’offre tout entier, se bat corps et âmes, jette son corps dans la bataille, n’y va pas par quatre chemins, met du cœur à l’ouvrage ; £ cligne et opine vers les plus jeunes, les plus indécis.e.s, les plus pâles, les plus tremblant.e.s et les moins loquaces ; £ clame ses convictions avec d’autant plus d’ardeur, de générosité, de fougue, d’entêtement, de brio, de talent qu’il réserve des œillades arbitraires et discrétionnaires et dominatrices et irrésistibles aux plus doux.douces, aux plus perdu.e.s, aux plus soumis.es, aux plus joli.e.s, aux plus évanescent.e.s.


£ n’est pas ou pas seulement un mauvais homme politique, un mauvais syndicaliste, un mauvais directeur, un mauvais cardinal, un proviseur pédophile, un professeur aux mœurs douteuses qui abuse de son pouvoir pour séduire et escroquer de jeunes précaires, ébloui.e.s et impressionné.e.s, qui se sert de sa stature pour rallier les crédules. £ n’est pas misérable, n’est pas isolé, n’est pas criminel, n’est pas déséquilibré. £ est officiellement et réellement et sincèrement brillant, aime vraiment les textes qu’il défend en sueur, n’est pas cynique, n’est pas seul, n’est pas fourbe, n’est pas cauteleux. £ fait surtout des discours, des chansons, des programmes, et fait le directeur épisodiquement, £ fait surtout l’enragé, le révolté piégé, commet quelques viols, quelques séquestrations, quelques enlèvements, et fait surtout le meneur, le séducteur, le savant, l’amoureux.

lundi 1 mai 2006

Victoria Chiu

Pendant une scène de la pièce - une scène de torture - ma partenaire, Victoria Chiu, appuie son pied sur mes lombaires, afin de me maintenir allongé au sol, et ramène ma tête, par les mâchoires et par les cheveux, vers elle et vers le haut, arquant ainsi intensément, et de force, mon dos vers l'arrière. Ce mouvement prend place, de manière spécialement cohérente, dans mon projet de cambrure. Je concentre en effet actuellement tout mon entraînement autour de la cambrure dynamique de mon corps vers l'arrière : on craint trop souvent de replier l'arrière du corps, alors qu'on abuse trop souvent de la flexion vers l'avant.

A un autre moment, pendant lequel je suis allongé sur le dos, Victoria Chiu s'assoit sur mon ventre, étend sa jambe gauche sur mon bras gauche, alors déplié sur le côté, et enserre soudainement, entre ses deux bras, nos trois jambes, dressées vers le plafond - soit : mes deux jambes et sa jambe droite. Puis, plus tard, alors que je suis toujours allongé sur le dos, Victoria Chiu s'assoit de profil sur la face interne de ma jambe gauche, parallèle au sol mais surélevée par la pression de mes orteils, et s'adosse contre ma jambe droite, verticale. Alors, j'abaisse ma jambe droite jusqu'à former un angle de 180° entre mes deux jambes (le grand écart) ; ce mouvement fait basculer Victoria Chiu de la position assise à la position allongée, comme si elle reposait sur un transat, qu'elle inclinerait à sa convenance.

Victoria Chiu a une étrange gestion de son corps. Elle manifeste une désinvolture toute choquante à l’égard de certaines parties de son corps : ses bras en général, et spécialement ses poignets et les articulations de ses doigts sont complètement abandonnés, un peu tordus, très limités dans l’amplitude de leurs possibilités de mouvement ; ses genoux aussi sont vagues, hésitants et souvent empêtrés ; à l’inverse, elle déploie, dans certains mouvements périlleux, dangereux, acrobatiques et spectaculaires, une force admirable : elle peut se propulser sur ses mains, sauter complètement arquée ; ses cuisses et son ventre cachent aussi une vigueur terrifiante : elle peut, allongée sur le dos, les jambes pointées vers le haut, soutenir et mouvoir mon corps lourdement inerte reposant sur ses pieds, elle peut me transférer sur un seul de ses pieds, réagencer les parties de mon corps en faisant glisser séparément ses jambes, Victoria Chiu peut même porter à l’oblique basse ses jambes en me maintenant alangui sur ses pieds, supportant ainsi toute la pesanteur que l’aplomb de ses jambes absorbait.

Victoria Chiu acquiesce souvent ; je ne sais jamais si la continuité spectaculaire de son approbation n’est qu’une habitude australienne (voire américaine), d’opiner verbalement à tous les propos de son interlocuteur, ou si c’est la marque d’une réelle adhésion à chacune de mes remarques. Je pense en fait plutôt qu’elle acquiesce ainsi avec un tel zèle pour se dispenser de rentrer réellement dans la conversation.

jeudi 20 avril 2006

il y a quelques jours, j'ai voyagé avec l'infirmier de nijinski, dans un train transpercant la suisse - montreux oberland bernois - , il se souvenait surtout de romola nijinski, la femme de nijinski, il a soigné nijinski à genève pendant quelques semaines, au moment où nijinski, accompagné de sa femme, sillonnait l'europe des hôpitaux psychiatriques, il m'a demandé si j'étais un peu comme diaghilev, il nous a décrit le paysage entre montreux et zweisimmen, il prend toutes les semaines ce train à montreux à 14h55, je reprendrai ce train au début de juin pour le retrouver,il est collectionneur de peintures et il est abonné à la gazette de l'hôtel drouot, pendant le trajet - qu'il effectue donc au moins hebdomadairement - ses ami.e.s sortent dans leur jardin au moment où le train passe pour le saluer, il a un abonnement général, ce qui, en suisse, donne l'accès illimité à tous les moyens de transports collectifs nationaux (bus, trains, bateaux), il est veuf,

mercredi 19 avril 2006

flambé les visages et nous avons dansé, raidi nos côtés, comprimé nos rachis, et nous sommes restés inaudibles,


je ne le supporte qu'asséché, jugulé, étranglé, rasé, je n'aime que ses cadences régulières, stables, sans arts ni variations ni inventivités, je ne le supporte que muet et rapide, sans intention, sans arrogance à cracher, sans sentiment à déverser, je ne le supporte que lorsque ses mains sont dures, froides et blasées, je n'aime pas sa curiosité et sa bienveillance interminable

lundi 17 avril 2006

ce sont ici les visages électrifiés, foudroyés, montagneux, plissés, empourprés ; la tristesse planante et, déjà, les divas chiliennes qui surgissent aux terrasses, les ami.e.s collègues roussi.e.s par le printemps et déjà enlisé.e.s ; les prises, les marquages, les délais, les crocs, les rencontres faîtières,




les étreintes immobiles, figées, glacées, rocailleuses rêvées loin de paris se réchauffent déjà très vite, grésillent, s'allument, se compliquent, se desserrent ; la raideur épuisée et contrainte s'adoucit déjà, mollit civilement au contact de grands corps motorisés ; et fument, ondulent les essences brûlées, déjà ; s'éloignent déjà les perspectives minérales et stériles,




je rêvai pourtant de revenir ici transformé, mué, en canard conquérant, colvert inévitable, glissant sur les fleuves, concurrencant en grâce, je rêvai de former quelque colonie formidable avec des ami.e.s cygnes et poules et foulques, de devenir inaccessible, élégant, aquatique,
je n'en ai gardé qu'une colerette lunaire, argentée, japonaise et inestimable




ici, ce sont déjà les grands sabres, d'immenses tôles tronçonnées, des nuages métalliques et irrespirables, je fais des lectures et des projets sanguinaires et j'imagine des futurs enragés,
ce sont déjà les laitages solidifiés, pourris, transformés, méconnaissables, émancipés et intouchables, ce sont déjà les membres entiers - plus seulement les doigts, mais aussi les hanches, les biceps, les mollets - envahis, décorés de verrues blanches et gonflées ; ce sont ici les ondes soniques et radiales, jaillissant de sources invisibles et fédératrices,

dimanche 2 avril 2006

La mare

Les sirops expectorants ternissent mes fièvres brûlantes et magnifiques, les médecins suisses offrent les médicaments aux étranger.e.s, j’aurais dû me méfier d’une si suspecte générosité ; en Suisse, on ne tue pas les fièvres par des antipyrétiques connus, minéraux, placides et francs : on me fait me gargariser d’étranges ‘fébrifuges’, je dois garder la potion trouble quelques moments en bouche, la faire bouillonner, flatter sa perfidie… et la fièvre se dessèche, toussote, agonise mollement, fuit littéralement, misérablement et sans guerre…

Mais je n’oublie pas les éclairs violacés des eaux lémaniques qui m’ont ébloui et échauffé, ses brumes dansant avec les cimes, ses nettetés littorales, et ses canards et ses cygnes, aux cous giratoires admirables.
Et mes ami.e.s des Pâquis citronnent ma convalescence, narguent ma gorge cadenassée de soies enflammées en se dépoitraillant glorieusement, aidé.e.s par l’heure d’été et le printemps.

lundi 13 mars 2006

GENEVE

A présent, je deviens redoutable, mes cuisses, à force de se fléchir, de s'étendre, de se repousser vers l'arrière, de s'absorber, de se contracter, deviennent infaillibles, inamovibles, infatigables et imprévisibles, mon squelette devient rebondissant, oublie lordoses et scolioses et s'arque stratégiquement pour mieux soutenir les coups et les gestes des muscles, mes bras gonflent certes moins que mes cuisses, sont un peu moins puissants que les cuisses mais se compactent, s'emplâtrent, s'affinent, se dirigent avec une force terrifiante, tant ils se déploient, portent, frappent, désignent avec assiduité, mes pieds aussi s'élancent de mieux en mieux, de plus en plus vite, leur prestesse encourage leur force, tout mon corps, soutenu par douze autres corps, engagés dans les mêmes activités (tou.te.s ne se renforcent cependant pas tant...), s'électrifie, s'accélère, se remplit, se prépare, rugit. Par moments, je m'inquiète de cette capitalisation, de cette accumulation de tant de forces, de tant de facultés, d'une telle génération, d'une telle productivité bouillonante, d'une telle robustesse, si rapidement augmentée, je m'inquiète d'un tel emballement. Pour l'instant, je rentabilise et je stabilise ces richesses subites, j'imagine des travaux de joaillerie, je compte rapidement travailler et ravager des diamants, tailler des pierres précieuses, scruter les scintillements chers de quelque bijou...
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Pour l'instant, à Genève, nous lançons tou.te.s nos énergies, éperdument, dans une seule même direction, nous espérons qu'elle sera bonne, c'est émouvant de voir un flux à ce point saturé de soutiens, d'engagements et d'acquiescements... Nous n'avons apparemment aucune autonomie, mais la programmation de notre inertie ou de notre dépendance est, à l'évidence, en train de se prendre à son propre piège... Pour l'instant pas de grandes rébellions, ni de trahisons, ni de révélations, ni de clans ni de courroux, certes, mais les organisations de résistances abdominales efficaces, les pillages d'expertises et les exercices de vigilance me permettent de préparer d'époustouflantes perspectives...

samedi 25 février 2006

#VERS#LA#SUISSE#

Les jambes aspirées par des collants, les cuisses forcies par les entraînements de ballet, de jazz, la bicyclette, la course, les gages, et les bottes, elles-mêmes destinées à exposer ma puissance crurale,
les membres alternativement liés, ligotés, ouverts, manipulés, endommagés, menottés, surélevés, la pilosité brièvement irritée, excitée par des momifications modernes, rapides, chimiques, chorégraphiques, torves - je ne suis pas une momie pointue - ,
J'ai été engourdi puis ravi puis excité puis accablé puis amusé par les frottements, la gratte et les crissements de mes liens, épuisé et extasié de me débattre, de m'extraire de l'emprise des scotchs, des métaux, des cordelettes poignantes, enchanté et transporté, comme l'ont été mes spectateurs, Je prévois très vite la station en sarcophage, l'enraidissement des bandelettes, et la dramatisation générale du processus,


alors, mais, pour l'instant, Je pars demain exporter la morgue d'une momie, l'infidélité, l'antipathie, la Froideur (glaciale, glaçante, arrogante, effrayante), la duplicité, l'avarice, le féminisme, l'érotisme éqyptophile,
Je pars demain vivre en Suisse,
Je pars demain habiter presque Rue de Berne, presque la Rue de Grisélidis Réal, Je pars demain m'intoxiquer, m'hydrater à l'Aiglon, Je pars demain trembler sur les traces des Passes Imaginaires, bouillir de joie d'un voisinage si auguste, aimer la musique tzigane, et élargir, considérablement, mes relations, mon carnet d'adresses, mes ami.e.s,
Je pars demain travailler beaucoup, tracer des exclusivités, devenir un danseur fiable, virevoltant (au moins), fuyant et joyeux,
Je pars écrire un Roman de Guerre, une sorte d'agenda ennuyeux des revirements sentimentaux de mes protagonistes, de semainier attendu des contradictions psychologiques de chacun.e, d'observation émerveillée des polyphonies discordantes que chacun.e émet scrupuleusement, une sorte de manuel myopathique, de fresque criarde pleine d'abus de pouvoir, d'audace politique, d'illisibilité, de conseils diététiques, de théories géographiques,
Et évidemment, Je pars nager dans le lac, tournoyer dans les saunas municipaux, arpenter, tout fumant, les berges lacustres, et commettre le miracle (l'exploit!) de combiner une extrême puissance corporelle à une radicale mollesse musculaire.
Je pars aimer la Suisse, et la fuir tous les week-ends.

#########LA#MOMIE#DES#PÂQUIS##############

##GR##

A deux, nous sommes devenus vraiment redoutables, nous avons mis au point une série de stratégies, offensives, balistiques, poliorcétiques, agressives, chimiques, Nous avons canalisé nos enthousiasmes, nos charmes et nos rires vers ce but, vers Elle, Nous avons tout subsumé sous cette grande Cause, Nous nous sommes emparé des moyens à notre disposition, abusé de notre pouvoir, rusé, Nous sommes aussi devenus très convaincants, convaincus, clergé souriant, inflexible garant de l'orthodoxie, fervents pourfendeurs des tentations des hérésiarques, Nous avons lapidé, ensorcellé, houspillé, apostats et incrédules, Nous avons commencé à réquisitionner quelques autres ami.e.s dociles et faibles, pour qu'ils maintiennent la continuité de la propagande,
J'ai inauguré des pélerinages, des pratiques dévotionnelles, des chemins sacrés,
Elle a récolté des reliques, capturé Sa voix, confisqué ses sueurs, ses cystites, ses séronégativités, ses Clients,
Nous avons conquis un pouvoir fou, délirant, infini, immense, en devenant les deux contrôleurs, indispensables, inévitables, les deux garanties surpuissantes, les seules à pouvoir et savoir attester de la qualité des Révolutions, à pouvoir et savoir disqualifier les Jaunes, les peureux, les pusillanimes, les seules à pouvoir et savoir reconnaître et distinguer les nouvelles beautés, les vins dignes d'être aimés, les pratiques dignes d'etre admirées, Nos réunions, nos salons ont acquis une audience colossale, nous nous sommes enrichi sur Son dos, nous sommes devenus des propriétaires, des sommités, des experts, des Sociologues, Nous avons continué son Oeuvre, surtout nous avons forcé, sécurisé, cadenassé l'Amour porté à son Travail, aidés en cela, par quelques professionnel.le.s, utiles cautions manipulé.e.s.

lundi 6 février 2006

En Hollande, j’ai vu des bisons nains dans les dunes, Bu lait, bières, eaux des polders asséchés, lubrifiants (oil gun), flans, Entendu les Français.e.s s’indigner parce que Rembrandt ne faisait pas du Rembrandt, Percé les poussées d’acnés des nouveaux/nouvelles modèles de Rineke Dijkstra, Et aimé des individu.e.s maigres et tatoué.e.s et vénézuélien.ne.s.

dimanche 29 janvier 2006

Du 24 au 27 janvier, pendant 72 heures, FC et JS devaient macérer. Finalement JS a macéré 40 heures, FC 64 heures.

m a c é r a t i o n s
– d é – c o n f i t – u r e s –



– la silhouette amincie étirée, bossue des pressions exercées sur le squelette par l’alitement prolongé et la fonte musculaire, les yeux démaquillés défatigués et éteints, les cils transparents et blondis de l’alanguissement du rythme de leurs clignements, de la rareté des ébahissements qui auraient pu les activer, les oreilles internes navigantes, dansant à la mesure inverse de leur engourdissement, les pieds, surpris des mutations taxinomiques à l’œuvre en leur sein même – plus de calcanéums, de métatarses, d’orteils, de plantes, de faces internes et externes, juste une grosse, belle, emphatique malléole et deux orteils, robustes, simples, rustiques –, les jambes chancelantes, scintillantes, fourmillantes, maigres, les sueurs douces comme les sueurs des premières danses d’enfants, épaisses et calmées par leur rassemblement prolongé, inattendu et nouveau, logées juste à côté ou en deçà des plis qu’on imagine être leurs domiciles évidents, tenaces et conciliantes, les vêtements rêches, dans lesquels nous avons sympathiquement pris soin de nicher miettes, jus, pelures de carottes, sur lesquels les exhalaisons enragées endormies se sont fixées, les cheveux lustrés par les fibres, les laines, les châles, les capuches, les oreillers, les mains, les retournements, les sommeils, les perplexités, les caresses, gominés par le froid et la réclusion –



après 40 heures de macération, JS plonge dans le lac, déjà très calme, très aplati par les sommeils et les léthargies et les douceurs partagées, JS secoue les édredons, fait ricocher les draps froissés par les réajustements de nos rachis et de nos scolioses, affronte l’ennui et la contrainte, en révèle l’indigence, révèle l’improductivité intolérable du désoeuvrement, découvre la fin du stock de cigarettes – ou de feuilles à rouler – propulse le consensus du mutisme, de l’économie de gestes et lacère nos mines mimant l’ataraxie – la plénitude du vide – la profondeur de l’ennui – JS révèle (octroie ?) aux cigarettes – ou aux feuilles à rouler – une puissance motrice remarquable, y puise un prétexte affirmatif magistral. JS rôde, fragilise la lente construction de la cellule réfrigérée accueillant (bien mal stratégiquement) notre expérience de macération, la découvre, l’infiltre, la chahute
– les entrées précédentes de A et de J – attendues – inefficaces – ont été bien loin de faire ainsi frissonner les heures – elles nous ont juste fait penser, pour nous délasser des récits des perplexités budgétaires de nos voisin.e.s de chambre, à la côte cassée de J et à son émouvante postérité musicale –
JS a injecté drames et sentiments, a fait surgir la société prétendument ajournée, et a abattu une des fictions de la marinade-hors-du-monde








- la macération s’organisait sur quelques principes simples : claustration, exiguïté de l’endroit, autarcie, rudesse – pas de discipline trop assimilable à une sanction ou d’inventions trop durement créatives comme des momifications intégrales ou des bains abrasifs – mais amenuisement des stimulations sensorielles, appauvrissement de la diététique (pains – eau froide – carottes – pommes) ; quelques contraintes endogènes, volontairement vagues, larges, lâches, pas trop subordonnées à des rites – fantasmés ou réels : silence – privation de lecture et de toute production articulée, valorisation de l’immobilité, du dépôt, de la station allongée (comme pour des harengs marinant, la macération n’imposait pas une craintive immobilité figée : tous les réajustements, contacts et rapprochements étaient désignées comme bienvenus, seule la suractivité gestuelle était évitée) ; et bien sûr, maintien sous couettes et couvertures à l’intérieur d’un endroit frais, froid même comme l’est la saison. -

– L’objectif de cette macération n’était pas vraiment d’accéder, après un ramollissement général des chairs, à une sorte de pépite, qui aurait constitué le « meilleur de nous-même », le plus savoureux, le plus précieux, le plus véritable et le plus essentiel. La productivité était attendue à un autre niveau. Nous espérions pouvoir racler, récupérer une pellicule, une écume, un fumet qui aurait été le résidu des inventions relationnelles produites par le partage des contraintes et la coprésence intime et prolongée. Ce fumet serait, nous l’espérions, beaucoup plus inattendu, qu’une banale mixture de sueurs, larmes et semences, tangiblement générées par la macération. Ce fumet ne devait pas être inerte, détectable, soupesable, isolé. Ce devait être un fumet non-chimique ou plus que chimique, gestuel et mobile. -

- Les contraintes étaient pauvres – nous le savions mais ne voulions pas que le risque – qui était au final le seul risque pris – d’attester a posteriori de l’indigence du dispositif crainte a priori soit une raison suffisante pour renoncer à se soumettre à ces contraintes. Mieux valait, pensais-je, risquer de s’ennuyer durement que de traîner de longs mois une pesante idée, un peu butée, jamais validée mais jamais invalidée non plus. Mieux valait, pensais-je aussi, commencer avec un squelette de ‘contraintes’, une contrainte grotesque tant elle est affichée, référencée, lourde, ennuyeuse. Mieux valait commencer avec un paradigme mou, médiocre et inoffensif qu’enchaîné, quelques mois plus tard et à brule-pour-point à de lourdes bandes de latex, mis sous vacuum, aux mains de tortionnaires inconnus et inquiétants. Mieux valait se laisser dissoudre, séparer et ennuyer plutôt que s’endommager trop vite dans un sarcophage hermétique. –








sur les matelas mous, les oreillers décadents, et sous les couettes insistantes, le seul intérêt (hormis la joie engourdie de guetter les furoncles, alité dans une chambre entièrement couverte de voiles blancs pour réduire la puissance des stimulations sensorielles) à été de tester – de moduler – les températures, les courbes thermiques, leurs ruses, leurs mouvements, leurs chocs, leurs amitiés, leurs érotiques : nos ami.e.s ont tant cru à un scénario de réclusion passionnelle, de performance amoureuse et embrasée – il s’est juste agi en fait d’érotique thermique.
mais alors, macérer si longtemps, dans un tel désoeuvrement, nous a quand même plutôt refroidi, endurci, qu’amolli et pénétré de la moiteur du fumet. Il aurait fallu prévoir des marmites, des plantes, des dioxydes, des feux, des vapeurs, une sorte de sauna mutant, sauna prolongé, sous couettes et sous feuilles. Il aurait fallu se nourrir chaudement, abuser de sauces, de liants, de moelleux, de légumes, se laisser mijoter, bercer par quelque mains tierces et bienveillantes, il aurait fallu s’entourer, les cornichons ne macèrent jamais par deux, il aurait fallu créer des comités, alerter nos ami.e.s, soumettre des invitations, se montrer accueillants, inclusifs, chaleureux…
Maintenant, tout au moins, je suis prêt à affronter les sudisettes du futur, les accélérateurs de réchauffement, les échauffements passifs et immobiles, je suis prêt à inventer des micro-macérations éclairs, Blitzmacerazion redoutables, miniaturisées, transportables et démontables.


évidemment, la retraite ne m’a pas confronté à l’originaire, à la pureté, à ‘‘l’antiphrase insoluble de la genèse de nos personnalités’’ – évidemment, la discipline faible que je me suis imposée (résistance à la tentation alimentaire, résistance à l’ennui, à l’ankylose croissante des articulations, à l’affaiblissement général, mutisme, privation d’accès aux instances de communication) ne m’a pas beaucoup intéressé, ne m’a pas trans-figuré, ne m’a pas modifié, ne m’a pas rendu plus apte et plus disponible à la connaissance, ne m’a pas rapproché de quoi que ce soit, ne m’a pas donné envie de persévérer – évidemment, les exercices vulgarisés de contrôle du flux des idées, de concentration, et surtout de l’indépassable maîtrise respiratoire, m’ont traversé, ennuyé, assombri, éventuellement poussé au sommeil, mais rien de plus – évidemment, j’ai détesté la diète bancale, l’inhibition digestive qu’elle a provoqué, et les frustration et envie grotesques qu’elle a induites (par ailleurs et cependant, j’ai aimé remarquer que nous avions singulièrement surestimé notre soif et nos besoins en hydratation) – évidemment, quelques généalogies de souvenirs, inattendues et précises, ont surgi, sont venu un peu compliquer le flot des pensées banales mais vénérables, matérielles, professionnelles, sentimentales, logistiques, relationnelles labourant mes airs impassibles – évidemment aucune idée de génie, aucune solution inespérée, aucune intuition majestueuse n’a heurté la douce, moyenne, tranquille attente – quelques ‘idées’ dérisoires et suspectes m’ont animé, des ambitions fixes m’ont tenu éveillé –


après la disruption des 40 heures, la décision de JS de ne pas surmonter l’interminable cap des douze heures séparant la trente-sixième de la quarante huitième, de secouer la dramaturgie, jusque là admirablement plate, horizontale, stable, de se mutiner contre les effets débilitants et improductifs d’un consentement superficiel, des fiertés nouvellement nées sont venues regonfler mon organisme, comblé mais quand même ralenti – des objectifs, des planifications du court terme sont venu.e.s densifier et organiser les dernières heures de macération

le moment des rires blancs, de nos premières minutes effrayées, de nos gloussements déployés, harmonieux, parfaitement ‘à l’écoute’ (pour une fois), me faisant presque m’intéresser au thème de l’angoisse et de sa formidable proximité avec toutes sortes de motifs primordiaux, inaccessibles et envahissants, les premières minutes de l’effroi courroucé et délicieusement aveuglé par l’effet tangible de nos libertés – de cela, les dernières heures, seules, autonomes, indépendantes, se sont fort éloignées – récupérant quelques gouttes frelatées d’un alcool de squat, chronométrant les apnées, goûtant la froideur de l’isolement, de la légèreté célibataire, de l’aiguisement de mes désirs, de mes projets, me construisant quelque postérité ou célébrité fictive, vantant les bienfaits du rechargement énergétique, imaginant mes prochaines étreintes, leurs éclats, me délectant de quelques pensées bien connues du moment
– un observateur m’a fait remarquer le peu de cohérence de ma position de macérant isolé alors que mon objectif principal était – bien plus que l’expérience de ma transformation par la discipline – l’espoir de quelque chorégraphie relationnelle – ça a été en effet un peu le passage d’une parade amoureuse et thermique et toute à l’interaction à une self-maceration, exemplairement autarcique mais semblant déconfite autant que confite – mes prochaines macérations seront soit collectives (voire collégiales) soit individuelles (éventuellement assistées) –








- ce rapport (en cours de finalisation) ne concerne évidemment que mon expérience propre de macération – et toutes les informations sur JS, J, A … sont probablement largement erronées -

jeudi 5 janvier 2006

06 est drastique 06 est béni par des couteaux des sabres des lames 06 ne reçoit pas de voeux 06 répond aux condoléances par blog - le blog tient lieu de faire part 06 n'est pas plus que les autres l'année du bonheur de l'équanimité du succès de l'amour de la santé 06 n'est pas l'année du vice - faites cesser cette rumeur stupide
06 est l'année de nos amies melanie melanie emma geri victoria 06 est l'année des prothèses des pots de fleur des voitures électriques 06 est l'année des grosses est l'année de magali est l'année des ruptures
en 06 faites vous trancher choisissez le sens choisissez le couteau en 06 devenez un groupe de filles en 06 les frayeurs disparaissent de la liste des troubles du comportement en 06 servez les tranches préalablement coupées disposées en 06 le génie ne se mesure plus à l'intensité des tentatives de suicide en 06 la moyenne d'écartement entre les deux épaules est multipliée par 1,4 en 06 certains bustes sont tallonés par la moyenne d'écartement entre les deux épaules en 06 les larges d'épaules perdent leur ascendant
06 aime duncan 06 se complique 06 est tellement ambitieux 06 danse avec les vagues ET ne ressent rien 06 ondoie ET scarifie ET reste mou ET s'élargit ET étouffe, bat, lamine ET porte des vêtements de soleil ET humile ET se cambre ET remporte ET écoute ET neutralise les sensations 06 revendique et élabore 06 élabore et produit 06 produit et triomphe 06 triomphe et se durcit
pour 06 inventons une discipline du sauna pour 06 coupons les radiateurs coupons les manches interdisons les duvets pour 06 développons une prophylaxie thermique pour 06 dormons à plusieurs changeons les côtés prenons les par surprise pour 06 tétanisons nos amant.e.s brusquons les chairs les plus délicates oublions la plénitude pour 06 embrassons nous beaucoup jusqu'à nous contaminer jusqu'à créer des chancres des aphtes à inventer des herpès pour 06 faisons les abcès être les fruits de nos baisers pour 06 devenons fins jusqu'à ne plus produire aucun effet
bons bains

mardi 13 décembre 2005

Lire APHTES

les lacs verdis d'annecy et les ébriétés enneigées et les longs ennuis et les éblouissements incandescents et les vertiges funéraires préparent la nouvelle année ou au moins les jours qui arrivent

alors un petit livre est disponible : semi-oraculaire, semi-programmatique, semi-fictionnel, semi-refroidi, semi-amoureux.

APHTES s'offre pour la nouvelle année, annonce la mort des fascias et les chaudes étreintes squelettiques.

Pour recevoir offrir lire APHTES demandez moi.
Vers Genève - toutes légèretés et lambeaux.
fR.

mardi 29 novembre 2005

aphtes

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::::::::::::::::::::::::::::::: Il est temps de revendiquer des minimalisations (abondantes), des complications gratuites, nulles et sans rapport, les faiblesses tordues, les défaillances honteuses, les reculades, les baisses de régime. Affichons, utilisons, dansons, aimons un corps endormi, engourdi, paralysé, démobilisé, dévié, déséquilibré, macéré, obscurci, voûté. Abattons le culte idiot et mièvre pour l’anticipation posturale, le « saint-prégeste ». Laissons nos postures être en retard, très en retard, très incompétentes. Nous sommes nombreux à danser amputés, sans espaces intérieurs et autres imaginaires forcenés. Nous sommes nombreux déjà à nous tordre et nous agripper ensemble, sans écoute constipée et charitable à nous retrouver sur des flamboyances excitées et aberrantes, antikynéstésiques, à avoir remplacé les massages par des coups de fouets qui n’expulsent même pas les toxines, à avoir préféré les momifications non-éréctiles au yoga des puissants, à faire du décompte des verrues l’échauffement le plus brillant, à crisper les sourcils autant que les cernes se creusent, à emprisonner les mauvaises énergies et les mauvaises tensions, à les chérir, à les entretenir, à les transformer en aphtes, énormes, insensibles et purulents, à ne pas écouter son corps, sa douleur, sa sensation. Nous sommes nombreux à fréquenter des saunas aphteux, à se ruiner en communication interlésionelles, à militer contre la sensation, le spécisme de la douleur et de la détente :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
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::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::nos périnées oubliés, nos sacrums incertains et repliés et décomposés, nos boyaux obturés, nos constipations vénérées évidemment intactes nos imaginaires obscurcis ou dissous comme des tablettes orodispersibles, nos têtes stériles, nos corps luminescents de stérilité, de fuite, d'inconscience, d'inconsistances, de défauts, de haines du lâcher-prise, d'indifférence à l'abandon, à la pesanteur, au vertige et aux autres violences permanentes et pauvres, nos muscles très durs très petits, nos genoux hypertendus, nos poignets hypertendus, nos coudes hypertendus, nos anus durs insensibles, ni plein de vie ni mortuaires, défoncés ou hypertendus, sans plus de finesse, dans la gloire d’un mouvement qui a oublié enfin le corps avancent : balistique magnifique qui économise son hymne, qui se contente de projeter des mains, des phalanges - évidemment (mes doigts ont toujours été des hoplites) - aphtes mort-nés impossibles à osthéopathiser, impossibles à masser, impossibles à sentir. L'hoax de la non-hyperesthésie triomphe ; il se fait contaminer par mes:::nos aphtes ni inflammés ni nocifs ni à expulser ni à évacuer ni à canaliser ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
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::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: ces épaules sans aura, investies sans concentration dans la contagion, investies avec hilarité dans ce rapport trop peu collant, trop peu inflammé, trop peu fortuit, et trop peu préparé avec excès embrassent mon aphte, qui alors plein d’une inventivité non-empathique, se force à, s’oblige, se crispe pour que des cheveux, des poils scapulaires, poussent, ne s’élèvent pas, mais se mettent à exister sans poids mais avec lourdeur, sans masse ou puissance ou autre qualité réactionnaire, se mettent à pousser en, évidemment, contractant les forces contradictoires, les cheveux de mon aphte poussent en prenant tout, tout dans les bras, tout dans les épaules, tout dans les lombaires, les cheveux de l’aphte s’oxygènent mal, vieillissent, n’ont pas d’entraînement, les cheveux aphteux gluants des jouissances de la matrice scapulaire, n’ont pas d’habileté d’agilité ne fréquentent pas ces gestes depuis longtemps ou plutôt n’en savent rien du tout, pensent à autre chose, ne cherchent même pas à se déconcentrer délocaliser déterritorialiser déconstruire, mes cheveux les cheveux de mon aphte les cheveux de l’aphte font connaissance, se contentent de comparer leur en-dehors, effectuent de virtuoses tensions posturales, et arborent mon aphte, en font un jardin, ne représentent rien, ne s’aventurent pas, poussent :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
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::::::::::::::::::::::::::::::::::j'ai hier croisé de très gros squelettes, beaux ensembles. :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
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:::::::::::::::::::::aphtes à pacokitchissimo@yahoo.fr

mardi 15 novembre 2005

NOVEMBRES

Avant les montagnes et les déserts de décembre et/puis les protocoles de janvier, et après les voyages des toussaint, un moment d'écriture, d'isolation et d'activismes rosés s'élabore.
L'AFFAIRE BERGER-LEVRAULT (1897-1905) se déplie, s'embrume, et se branche dans les premières écritures. Les questions basculent et se renversent, les bulles éclatent sans former de gerbes et les références se conduisent plus précisément. Plus concrêtement, le mémoire déroulera l'évènement -[ après avoir présenté une généalogie de la recherche elle-même, entre curseurs pointés et déplacés, outils bouleversés, et emprunts joyeux ]- sur un mode chronologique. Rien que ce choix est amusant : un objet typiquement évènementiel s'obstine par les faits à s'allonger, à se mettre à plat dos, à dissiper les effets de 'boule', 'perle', 'bille' suspendue hors du temps. D'abord les acteurs présumés s'explicitent et s'étirent, évitant néanmoins évidemment soigneusement toute malencontreuse microtéléologie. Puis la grève survient, les régimes de lisibilité s'estompent, se camouflent ou se muent. Enfin, le temps des réglements de compte, et des victoires inassumables. Deux moments forts, deux articulations : la vengeance /-/ la rupture de solidarité. Autour de ces jointures sommaires, les conduites s'activent, les discours se prononcent et, évidemment, les identités se dissolvent. Evidences labiles. Constats nuancés. Définitions brouillées. Mais c'est plus qu'une triste complexification-désintelligibilisation. C'est une nouvelle insistance sur des rapports de force et de géographie que des regards trop monovalents ont effacé. Et puis c'est un gai redéploiement de zones infréquentables entre elles qui se cache derrière des notes infrapaginales à interligne simple.




En même temps les larmes contemporaines se sèchent et s'alimentent au contact de mes compagnons de tristesse d'indignation d'apprentissages juvéniles d'actions. Je complète réseaux sans fils rapides avec des accollements misérables défigurés et éblouissants. Suis reconnaissant aux douceurs trouvées entretenues ces dernières nuits. Je repose mes courbatures des biceps contre lui pour creuser de magnifiques cernes exposées dans des trajets obscènes et cohabités. Et toute mollesse jouie, j'entretiens mes activités usuelles.
FR/

vendredi 28 octobre 2005

heiress•in bloom / fondation cartier

A l'occasion de la soirée de clôture de l'exposition J'en Rêve à la Fondation Cartier :

heiress•in bloom
performance•sculpture
françois chaignaud•ranjani shettar
textes : Frank Stuart Flint et Robert Burns
•samedi 29 octobre • 17h/20h, toutes les 20 minutes•


"Dans un palais de fleurs, on voit une héritière qui se rappelle un homme sans fortune qu’elle a aimé à Londres.
Aux abords du château, on voit cet homme amer s’éloigner et raconter son amour impossible pour l’héritière."





HEIRESS ("héritière") est une sorte d’opéra desséché, amaigri, qui se répète en boucle, à l’intérieur de l’installation de perles IN BLOOM de Ranjani Shettar, vestige calcifié et dansant d’un palais floral. A partir d'un montage de deux poèmes (un texte 'imagist' des années 1920 de l'anglais Frank Stuart Flint, et une chanson de la fin du XVIIIème siècle de l'écossais Robert Burns) HEIRESS parasite le noeud dramaturgique des fictions bourgeoises du XIXème siècle (la barrière des classes), et l'appauvrit jusqu'à en faire un caillou partiellement anachronique sur lequel poussent quelques mousses, élémentaires.

critique disponible sur http://blabla.blog.lemonde.fr/blabla/2005/10/blabla_220_le_v.html

lundi 24 octobre 2005

BELINDA S'INTERESSE AU YOO-NO-BI
FAISONS-EN USAGE...

vendredi 21 octobre 2005

heiress


heiress - le 29 octobre - fondation cartier pour l'art contemporain - cloture du festival j'en rêve
performance luxe chansons
le concert heiress n°1 sera tourné vers londres

PAQUERETTE - suite

La version définitive délicate et tendue de paquerette sera présentée dans des conditions excellentes à partir de 2006.2007.
Merci à touTEs celles qui ont soutenu les premiers essais et aux organisatrices des 72 heures - Virginie Jourdain et Jihane Dridi.

lundi 3 octobre 2005

PAQUERETTE


pâquerette
ballet rudimentaire en trois actes pour lampes, trous et vaselines



° ° °



avec cécilia bengolea, juliette bineau, françois chaignaud, lionel fernandez, hendrik hegray, éric minkkinen, carole perdereau
{lionel fernandez, hendrik hegray et éric minkkinen sont minitel}

conception : françois chaignaud en collaboration avec cécilia bengolea
accompagnement : pascal queneau
remerciements à la générale



° ° °



le samedi 8 octobre à 17h à la générale, 12, rue général lasalle, paris
dans le cadre des 72 heures féministes et queer 7,8,9 octobre
contact : 0 0 3 3 6 8 0 9 4 7 2 8 6

mardi 27 septembre 2005



une répétition de pâquerette,
bruxelles août 2005

samedi 17 septembre 2005

fondation cartier / soirées nomades / J'en rêve ---------------

fondation cartier / soirées nomades / J'en rêve ---------------






 
----------------------------pompè - procession urbaine
conception : françois chaignaud
néocore : nicolas couturier
acteur : françois chaignaud
 
mardi 20, mercredi 21, jeudi 22, vendredi 23 septembre à 18h30 : départ face au 8, rue Daguerre - 75014 paris - 25 min
 
pompè rejoue les processions de l’Athènes classique du Vème siècle et trouve des formes contemporaines aux enjeux soulevés par ces cortèges grecs. Tous les jours, à la même heure, aux mêmes endroits préalablement prescrits, s’avance la procession, créant une accoutumance pour les riverains et confrontant le public à un double crissement temporel : celui de la performance de la veille et celui - encore plus scintillant - de l’idée des processions qui ont eu lieu il y vingt siècle. Le cortège se confronte par ailleurs aux processions fortuites de l’urbanisme.
Il ne s’agit absolument pas de reconstitution historique. Il s’agit juste de laisser dériver des lectures et des sens à partir d’une référence soigneusement délimitée.


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----------------------------he's one that goes To sea for nothing but to make him sick
conception et interprétation : françois chaignaud
 
mardi 20, mercredi 21, jeudi 22, vendredi 23 septembre à 21h, en appartements, rendez-vous à 20h30 à la Fondation Cartier
et samedi 24 septembre à 13h, 14h30, 16h, 17h30 et 19h à la Fondation cartier
 
- he’s one that goes To sea for nothing but to make him sick - est un petit squelette mobile, qui s’adapte à toutes sortes d’appartements et de salons. - he’s one that goes To sea for nothing but to make him sick - est un petit diptyque qui s’offre régulièrement à une dizaine de spectateurs conviés dans un appartement obscurci ou un jardin ombragé. - he’s one that goes To sea for nothing but to make him sick - requiert des oreilles de lapin, des fourrures plus étendues, des objets recouverts de fourrure (sans excès), de la technologie, des lampes, des chansons, des poésies de John Donne, des danses. - he's one that goes To sea for nothing but to make him sick - est un récital, des processions, des postures, un atelier de fourrurier, des chorégraphies osseuses, des lumières et de la musique.  
 
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réservation indispensable, tous les jours, sauf le lundi, de 12h à 20h
tel : +33 (0)1 42 18 56 72
droit d'entrée : 6,50 €, tarif réduit : 4,50€
Pass Nomades (3 soirées) : 15 €, tarif réduit : 10€
 
Fondation Cartier pour l'art contemporain
261, boulevard Raspail 75014 Paris
fondation.cartier.com

lundi 15 août 2005

des images

les images viennent sur belinda
---- > ci dessous
- autoportrait (août 2005)
- cécilia (août 2005) / [cécilia bengolea dansera dans pâquerette, le prochain ballet de belinda[
- autoportrait (juillet 2005)


composition instantanée avec mark tompkins

nous partons
essayer les draps brodés
de jean-louis b
et mark t
à la campagne
avec frans poelstra
nous isoler plusieurs semaines

il s’agit pour la première fois
pour moi
de faire d’un moyen très transitoire une fin
de dépasser mes désemparements
devant les mouvements justes ou injustes
comment savoir

de dépasser l’obstination anti-instantanée

le blogue
déja fort étique, maigre
se suspend quelques jours
le temps de la campagne

bon-été-post-quinze-août

samedi 6 août 2005

rancière jacques, la nuit des prolétaires : archives du rêve ouvrier, paris, fayard, 1981

vendredi 22 juillet 2005

lire cet été

jeanne bouvier, mes mémoires, paris, la découverte/maspéro, 1983 (1937)

lundi 18 juillet 2005

Mélangés au sombre des villes évidées
à l’attente d’un thé d’été torride
nous serons opaques à ces bizarres
nous formerons des archives déclassées
nous brillerons sur des pelouses antiphysiques

Contre des limaces en activité
les infusions tremperont avec obstination
pour verser sans cesse
quelques abstinences
aux cous de ces hommes très écarlates

les mousselines rasantes
au bord des concentrations
pour marcher des isolements tâchetés
les poissons
nous rendront intelligents nous auront rendu

il faut s’habituer à médier






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Je viens de finir d'écrire `épiphanies`, actuellement en phase de lecture rapprochée.
Se prépare un ballet `Pâquerette`.
S'écrit un mémoire de maîtrise sur l'affaire Berger-Levrault (1901-1905).