Gazelle, gazelle, squelette !
Voyage, vole, meurs ! Blême !
Bijou : trompe, séduis ;
coeur : cède, pleure,
meurs, cours, sèche !
Corne, oeil, os :
va, aime,
cogne, choque, suce, suce,
gazelle, gazelle, pare,
pare, donne, cours, vois !
Souffle ! Gazelle ! grise gazelle,
change, tourne, vois,
viens !
Pupille accablée : Bleue ! Verte !
Belle, gazelle, aimée !
Osseuse : force, pousse,
protège ! Défonce ! Statue, sportive,
grande ! Gazelle, oublie ; os, gonfle ;
bijou, colore ; corne, vois !
Chante, dors, baise,
gazelle — os, santé... —
remplis, bourre, force, pousse, protège,
gazelle, toi-même !
Corps, corps, profondeur !
Vente, saute, ris ! Nacré !
Or : glisse, flotte ;
sang : nourris, sue,
vente, pars, dépéris !
Doigt, flatterie, blancheur :
file, gonfle,
durcis, essaie, insiste, insiste,
corps, corps, feins,
feins, vas-y, pars, ouvre !
Respire ! Corps ! jeune corps,
refuse, arrange, ouvre,
arrive !
Colonne effondrée : Longue ! Forte !
Joli, corps, gonflé !
Blanchâtre : réagis, frappe,
fuis ! Entr’ouvre ! Décide, fuyard,
joli ! Corps, renonce ; blanc, change ;
or, grossis ; doigt, ouvre !
Triomphe, répare, vidange,
corps — blanc, trouble... —
pénètre, cogne, gémis, offre, garde,
corps, ici !
danses
mercredi 9 mai 2007
mercredi 2 mai 2007
Porticiollo
Un jeune homme, adolescent, le dos voûté par une croissance rapide, angoissante et apparemment inachevée, brun, beau, inquiet, un Sarde, ou, en tous cas, habitant de la Sardaigne, dont le visage abattu et la tenue résignée (ses lèvres gonflées à force de se repousser l’une contre l’autre : la moue ; ses sourcils, bientôt épais, froncés-crispés-figés ; sa cyphose dorsale intentionnellement très arquée : l’avachissement des jeunes, leur mauvaise volonté) indiquaient qu’il était malheureux de se trouver où il se trouve, qu’il avait été contraint par ses parents de les accompagner à Porticiollo, que sa minorité l’avait empêché et l’empêcherait encore quelques années de résister à cette contrainte et à celles à venir, que cette contrainte se retrouvait décuplée par le nombre d’aïeux, neveux, oncles, cousines, nouveau-nés présents et ayant insisté pour que tout le monde soit là puisque la réunion de Porticiollo devait être — ainsi en avaient-ils convenu — une célébration, un rassemblement, une fête dont la joie manifesterait le plaisir de se retrouver au grand complet, a ressenti, lorsque, plein de fureur contenue, il pouvait s’échapper de la cérémonie – c’est-à-dire lors de toutes les interruptions techniques du repas causées par la lenteur du service (rendue inévitable par l’importance de la tablée, la revêche inexpérience ou l’impéritie et le très petit nombre de serveurs engagés) – et qu’il s’aventurait, s’engageait, se rendait vers les cabanes que les propriétaires du domaine rural dans lequel se déroulait la fête avaient aménagé en gîtes touristiques et alors tous vides, froids et fermés (c’était la basse saison : c’est à dire le difficile réveil, la lente renaissance (résurrection ?) d’après la morte saison, l’engourdie) à l’exception d’un, qu’occupaient deux messieurs francophones dont l’élégance des manières (sévérité et raffinement gastronome de la gestion des denrées alimentaires — que l’isolement du domaine et leur décision de se séparer de leur véhicule dès le deuxième jour avait rendu spécialement virtuose —, ténacité du biorythme, farouche et inébranlable dignité de la co-existence, luxe extravagant des costumes de l’un, extralucidité problématique de l’autre) avait stupéfait les propriétaires dès leur arrivée (soit cinq jours avant le rassemblement familial), en croisant le regard de l’un des deux messieurs, celui du plus brun, du plus grand, du plus âgé, un émoi lumineusement violent, électrique, un foudroiement dilatant, décollant, déchirant soudainement — ou, mieux et plus exact : dépliant, délivrant — chacun de ses tissus, une injection puissante terrifiant et enthousiasmant ses glandes, compressant et reconfigurant son coeur rubescent, accélérant son sang et tous ses fluides, dissolvant tous les noeuds lymphatiques, propulsant ses muscles, quelque chose d’encore bien plus intense que l’émotion du mouton tout juste tondu (le froid libératoire : pourtant une révélation), que les larmes du nageur au crépuscule découvrant qu’il dirige ses brasses alternativement vers le soleil et vers la lune, que la confiance soudaine du citoyen quittant son mystagogue à Eleusis, ou que le fier frisson d’extase du squelette du danseur venant pour la première fois de tourner cinq fois sur lui-même lors d’une pirouette, dont n'ont désormais écho aucun des deux villégiateurs qui ont fini, quelques jours plus tard, par s'endormir dans une cabine d'un bateau qui, la nuit, par égard et raffinement, ralentit son allure (pourtant déjà honorablement mesurée) pour ne pas risquer de secouer leurs sommeils.
vendredi 20 avril 2007
Beverly Hills
Pourquoi, alors que le chateau principal, de plain pied, surmontant un parvis à étages et étagères botaniques (des vitres derrière lesquelles : des vignes, des troncs, des plantes pas nécessairement rares ou fragiles), organisé en douze pièces enfilées, auxquelles on accède par l'extérieur, par une porte-fenêtre, sans seuil, sans perron, sans vestibule, doublées d'un circuit parallèle et doté quant à lui d'un couloir de desserte, destiné aux servants, domestiques, personnels, assistants, accompagnateurs, hommes de compagnie, stagiaires, suivants, messagers, écuyers, cuisiniers, serviteurs, valets, interdit aux femmes et aux soucis, rayonne dans un parc alternativement ensoleillé ou enneigé (jamais grisâtre, humide, froid) ayant essaimé, bordant des villas que l'on aimerait habiter, dévaster, pénétrer, des lacs verts et navigables et alors qu'un guide en pleine santé ainsi qu'en témoignent ses moustaches blondes, ses cheveux longs et gonflés, sa corpulence vigoureuse, généreuse, sa taille haute et fière, conviait une quinzaine de personnes (parmi lesquelles peu de chatelains, davantage de citadins et encore plus de vélocyclistes de tous caractères et de tous types), avec la précautionneuse élégance, avec le sens du silence, de l'étiquette et du respect, avec l'infinie patience qu'un tel environnement - historique, botanique, décoratif - requerrait, à considérer la nature fluide de la substance qui emplit les lacs des parcs autant que les niches charnues et citernes minérales de leurs propres corps, à observer les mouvements, propriétés, transitions, parentés de ces différents liquides et, enfin, à se concentrer exclusivement mais aimablement sur ceux de leurs propres corps - ainsi les lacs tranquilles, quiets, miroitant à l'intérieur de chacune de leurs cellules, ainsi les flots ondulatoires, permanents, océaniques noyant et berçant chacune de ces cellules déjà lacustres, les enveloppant et les humectant, ainsi la visqueuse indolence du fluide flottant entre et autour de chaque circonvolution cérébrale et spinale, les éclats souriants, intrépides, incessants des cascades synoviales excitant chacune de leurs articulations, l'implacable, sérieuse, rationnalisée (il faudrait connaître chaque rythme, clapet de rétention, convergence nodale, échangeur) efficacité de l'ascencionnelle et blanche lymphe, ainsi l'énergie rouge du sang, libéré dans les artères nourricières et franches, la valse nauséeuse du sang veineux de retour, encore étourdi, et la superficielle molesse des graisses caressant amoureusement la peau et se concentrant, au gré des courants et des séductions, dans tel ou tel galbe, telle ou telle mamelle - aurait-il fallu, en dépit de tout probabilisme (historique, statistique, mathématique, clinique, intuitif), comme le laissa entendre, a posteriori, de manière tout à fait explicite, une observatrice inquiète et anachronique (ce qui, en soi, pourrait n'être ni blâmable, ni gênant, ni forcément inélégant), durcir ses muscles, palpiter, prendre un air grave, prévoir le pire, obscurcir ses songes, raccourcir ses nuits, craindre des contaminations insidieuses, suspecter ses prochains ? Apparemment, personne ne s'est protégé.
vendredi 6 avril 2007
Lille
Cet endroit, long, haut, blanc, grand, ventilé, dans lequel on ne peut que penser à son ami, parti renaître au loin, dans lequel on ne peut que consacrer (offrir) ses efforts, sa souplesse et ses spasmes esthétiques aux amis absents, dans lequel on ne peut que méditer vénérablement et sonder son coeur, dans lequel on n'aurait pas dû pouvoir dormir seul, dans lequel la dureté des pendrillons minéraux utilisés comme sommier-matelas-couche-couverture, faute d'espaces suffisants dans l'autre espace - l'espace de repos des Jeunes Travailleurs - soutient, réchauffe et conseille le sommeil lourd mais mat, sec, quasi terne des Travailleurs (circonstanciellement ou durablement) solitaires et exilés, et au milieu duquel se construit, à l'initiative d'un artiste blond, loquace, bientôt célèbre, dont le costume brillant, noir, moulant semble mouillé, douché, mazouté, un fin disque, un ring circulaire pointu, au centre duquel, tremblent, volontairement et face à face, deux jeunes adultes, apparemment un homme et une femme - apparemment car l'isomorphisme de leurs musculature et stature, l'androgynie de leurs chevelures et l'insolence de leurs maquillages laissent planer un doute (dont la levée n'a rien de prioritaire) quant à leur identité sexuée - dont le corps est laissé découvert, débraillé grâce à des vêtements modernes, short fendu, culotte horizontale, déboutonné de bolero haut, châle perlé, anneau sanguinaire, et illuminé par deux projecteurs suspendus en hauteur et convergeant vers eux via deux obliques, conçues, installées, actionnées, vérifiées par un jeune technicien, également bandit, et grand propriétaire, et manifestement sous la très forte, efficace, maline, multiple emprise d'une des personnes éclairées par lesdites lampes - exactement la personne qu'un témoin verrait sur sa droite s'il se plaçait face au mûr bordant le ring -, qui monnaie cette emprise (et certainement des services sexuels éventuellement réciproques) contre une surveillance permanente des conduites, de la moralité, des pensées et de l'organisme du jeune homme, accueille, demain, à vingt heures, alors que la nuit sera au bord de l'évanouissement, vacillante, imminente etc..., alors que certains débarqueront à peine d'un voyage en train, alors que certains, loins, déploieront leurs forces dans de nouvelles aventures, et alors que certains, malades, paresseux, lâches, sans rigueur, ou en vacances ignoreront cela et le reste, un spectacle, dont chaque seconde, chaque gonflement, chaque percée, dont chaque silence pervers, couleur amoureuse, saut dévoué, gelée exécutive, voix portée étranglée, dont chaque lumière noblement inachevée, chaque combinaison inédite, rapprochement érotique, pincement auguste, dilatation réinvestie, décor malingre argenté, fard bleu inoubliable, plastique protecteur, arabesque interminable prophylactique, ronde scripturaire propédeutique, voussure provisoire tamisée, solo effectif de batterie féminine, bond-pirouette frémissant, dont chaque pont, semi-pont, pont-torsion, pont-mobile, pont couplé, double pont, pont large, pont haut, pont lombaire, pont scapulaire, pont public, pont liaison, pont station, dont chaque trompette éternelle, chaque procession rouge rose orange, chaque geste sera écrit et dédié. Il fera beau.
lundi 26 mars 2007
Ses doigts écorchés, prolongeant des bras refroidis par un métabolisme meurtri et l'absence de brasier-convecteur-foyer et par ce qui pourrait être nommé "isolement affectif" plus que "misère sentimentale" ou "déficit sensoriel", desquels coule ou suinte un sang dont la modestie et la lenteur, dont la belle coloration et la saine tendance à la coagulation, dont la ragoûtante apparence et le franc exhibitionnisme pourraient faire minimiser la gravité (physiologique et dramaturgique) de la présence, infectent, par un contact répété et nerveux avec une "base d'élocution" (la "base d'élocuation" permet (généralement) de remplir le double contrat-objectif de porter une parole et d'ouvrir une lettre : la "base d'élocution" est ainsi ce qui désigne l'objet qui est à la fois porte-parole et lettre-ouverte (ou plutôt porte-parole de lettre-ouverte), qui porte et qui ouvre, qui porte une ouverture, l'objet ouvert et porteur qui scande et qui augmente, l'objet qui vante et qui crie, l'objet qui déclare, révèle, avoue, établit, diffuse, milite), en l'occurence utilisée à des fins personnelles et sentimentales - comme le révèle le produit de la "base d'élocution", qui pourrait être décrit comme une complainte amoureuse et climatique (il y est question de logement, de géographie, de voyages, de travail, de silence, d'aveux) ou comme un théâtre émotionnel de l'intime ou encore comme un témoignage à la première personne - et donc relativement contradictoires avec l'usage indiqué des "bases d'élocution" (exclusivement vendues dans les espaces situés aux confluents des trajectoires politiques et professionnelles et non pas dans les espaces situés au confluent des trajectoires "coeur" et "art" ou au confluent des trajectoires amoureuses et résidentielles), les plaies inquiétantes dont ils se sont couverts suite à son déménagement non désiré, dans une lugubre et carcérale Maison des Travailleurs (sommiers sporadiques, cendres sédimentées, inconfort réglementaire) dans laquelle le transfert fut d'autant plus douloureux (et hémorragique) qu'il est intervenu après un séjour délicieux (souverain, intense, inoubliable, puissant et musical) dans un endroit chaud, bon et aimablement traversé (habité en l'occurence) et après une cessation de confort et d'optimisme brutale et non-préavisée.
dimanche 18 mars 2007
ACTE
Elle, dont les bras blancs, maigres et chargés (chargés d'énergie et de tension bien sûr mais aussi chargés d'histoire - de l'art dramatique, de la politique (contestataire)...-, et d'amour, et de fatigue), musclés bien que peu entraînés, se détachent virtuoses en hauteur, lestés, pondérés, mesurés, raffinés par des années et des semaines de techniques, apprises dans des écoles (des conservatoires mais aussi des écoles plus modestes, parfois même des écoles non artistiques) et par expérience, sculptés par la grâce (et l'anorexie), et inondent l'horizon suspendu que seule, plate et étroite, sa silhouette aigre si reconnaissable vient fendre - canif, lame, glaive, fleuret - , par des gestes ou plutôt des soupirs ascendants, des extases qui ne conduisent ni à l'effondrement (type d'extase qui conduit elle-même généralement à l'inévitable réanimation) ni à la réclusion ni à la constance du sourire ou encore des hocquets dont seule la puissance de compression et de détente aurait été conservée, en ôtant toute la brusquerie du surgissement qui le caractérise habituellement, a, après être descendue, partie et sortie, après avoir rencontré ses amies actuelles et les amies plus anciennes, ses amies d'enfance, qui sont aussi émaciées qu'elle et aussi régulièrement morigénantes, après avoir planifié un dîner inventif, qui réunirait ses collègues (qui s'avèrent, pour certaines, être aussi ses amies actuelles, qui s'avèrent aussi, pour certaines d'entre elles, être ses amies d'enfance) et leurs ami.e.s proches, actuel.le.s ou d'enfance, autour d'un plat, d'un objet, d'une substance ou d'une boisson qu'une connaissance de longue date, d'origine asiatique, mais parlant le français et l'anglais, aurait confectionné dans le secret qu'un tel acte créatif impose, décidé, après s'être aimablement enquis de mes désirs, de ma santé, de mon coeur et de mes projets, accompagnant cette enquête de courtoisie - à laquelle j'ai répondu avec la précision, le bonheur et le secret que la réalité de ma situation dans ces différents domaines implique - par la proposition d'une boisson, d'un reste de vin rouge qu'elle promettait abondant, d'incorporer, de cacher, de verser pourrais-je presque dire, avec la plus grande malveillance, avec une perversité et une technicité que sont loin d'égaler les diamantaires-escrocs d'Anvers (peut-être d'ailleurs certainement plus rapaces que pervers), des pointes et des échardes que je la soupçonne d'avoir collecté, sans scrupule ni compassion, dans les pieds abîmés et meurtris d'une de ses collègues danseuses travaillant dans un mas authentique et insalubre où les planchers effrités ont la particularité de s'effilocher et de transpercer les voûtes plantaires, parfois dures et calleuses mais jamais assez sèches pour être impénétrables, des artistes en résidence ou en formation, y travaillant, et qui sont venues, conformément à son dessein diabolique parce que dissimulé, piquer, blesser, traverser, endommager, heurter, agresser mes lèvres que je trempais alors, avec la délicatesse que la circonstance post-évènementielle requerait et avec la grâce que des années d'observation des chargées de mission autrichiennes et suisses allemandes m'ont permis d'acquérir, dans le verre de vin bordeaux qui venait de m'être proposé, adressé et offert, de la manière que je viens de décrire. Je saigne encore.
vendredi 16 mars 2007
ANGERS
Nous étions enterrés. Des silex enterrés. Travaillés, détaillés, plus que précieux, très vieux, tranchants, dangereux, rares, dignes d'étude et d'intérêt, mais ensevelis. Nous étions polyédriques, coupants et légers mais souterrains. Nous étions musée et hypogée. Nous étions industrie et inhumation. Nous étions puissance et repos. Nous étions danger et défunt. Nous étions projet et caverne. Nous étions outil et décoration. Nous étions germe et fossile. Nous étions racine et ossement, oiseau et taupe, rapace et humus, papillon et terrier, sommets phréatiques, trésor enfoui et gymnaste momifié, pont et canalisation, aqueduc et tunnel.
dimanche 11 mars 2007
On ne travaille pas, on vomit. On ne mange plus, on se malnutrit. On ne s'échauffe plus, on glace nos luxations, on refroidit nos périostites, on congèle nos hanches. On ne se pénètre plus, on se crochète. On ne s'habille plus, on se casque. On ne se lave plus, on toile. On ne se chapeaute plus, on se protège. On ne dort pas, on suinte. On ne se maquille plus, on verdit. On ne se déshabille plus, on se protège, on découpe des collants. On ne danse plus, on rôde et frappe. On ne pense plus, on embauche. On ne se parle plus, on se surveille, on pince, on chante. On ne déglutit pas, on court. On n'aime plus, on apprivoise. On ne s'étire pas, on vrille, on fiste. On ne compose pas, on impose. On ne filme plus, on parle. On ne se coiffe pas, on colore. On ne peint pas, on écarte et on porte. On ne plie plus, on lance. On n'attend plus, on écoute. On n'écrit pas, on programme, on postule. On n'économise pas, on ne grandit pas, on détourne. On ne se bat plus, on suspend. On ne guérit plus, on brille. On ne court pas, on agite et longe les quais. On ne drague pas, on stationne. On ne prie pas, on rit. On n'espère plus, on sait. On ne détient plus, on auditionne, on étrangle. On ne menace pas, on supporte, on fait tournoyer. On n'a plus d'accessoires, on ne s'exerce plus, on sait. On se cambre. On se fait cambrer. On se muscle. On muscle. On apprend la danse orientale. On se fait connaître.
samedi 3 mars 2007
Qu'est-il de plus éternellement aimable qu'un corps endormi venant de jouir, qu'un corps que l'on vient de faire jouir, qu'un corps endormi que l'on vient faire jouir, qu'un corps ami ayant juste joui, qu'un corps endormi que l'on aime, qu'un corps que l'on a aimé faire jouir, qu'un corps ami que l'on aime venir endormir, qu'un corps que l'on aime voir dormir, qu'un corps endormi que l'on aime faire jouir, qu'un corps qui jouit et qui dort, qu'un corps que l'on aime endormi, qu'un corps que l'on fait jouir, qu'un corps ami qui jouit, qu'un corps que l'on aime qui jouit, qu'un corps endormi que l'on vient faire jouir, qu'un corps qui dort que l'on vient de faire jouir, qu'un corps qui vient de jouir pour s'endormir, qu'un ami que l'on vient voir dormir, qu'un corps que l'on ne connaît qu'endormi et ayant joui, qu'un ami que l'on aime endormir, qu'un corps ami que l'on aime faire jouir, qu'un corps que l'on aime endormi, qu'un corps endormi et ami ayant joui, qu'un ami dont le corps endormi jouit, qu'un ami endormi que l'on connaît, qu'un corps ami que l'on connaît, qu'un corps connu et endormi, qu'un corps ami et endormi, qu'un endormi qui jouit, qu'un corps venant de s'endormir, qu'un ami que l'on connaît qui dort, qu'un ami qui aime qu'on le fasse jouir, qu'un corps ami qui aime dormir, qu'un corps ami endormi qui a joui, qu'un corps ami qui aime jouir, qu'un ami endormi qui jouit, qu'un ami endormi ayant joui, qu'un corps endormi qu'un ami vient faire jouir, qu'un ami que l'on aime, qu'un corps endormi ami ayant joui, qu'un corps ayant joui qui s'endort, qu'un corps ami ayant joui aimant s'endormir contre un ami, qu'un ami ayant joui qui s'endort contre un corps qui l'aime, qu'un corps d'un ami endormi que l'on vient faire jouir, qu'un ami ayant joui que l'on aime voir dormir, qu'un corps endormi que l'on vient aimer voir dormir, qu'un corps ami qui aime que l'on vienne l'endormir, qu'un corps endormi et ami qui aime un ami pour dormir, qu'un ami qui dort presque que l'on vient faire jouir pour le voir s'endormir contre un ami qui aime le voir jouir puis dormir, qu'un corps endormi et ami qui dort contre un ami qui vient aimer venir voir un ami qui attend un ami avant de jouir et de s'endormir, qu'un corps presqu'endormi qui s'endort en attendant de jouir, qu'un corps presqu'endormi qui s'endort en attendant son ami, qu'un ami endormi étendu ayant joui, qu'un corps endormi attendant qu'un corps qui ne dort pas vienne, qu'un ami attendant un ami, qu'un corps attendant un ami pour jouir, qu'un corps n'ayant pas joui attendant son ami, qu'un ami endormi attendant son ami qui vient dormir, qu'un ami attendant un ami pour dormir et pour jouir, qu'un corps endormi attendant un ami ne dormant pas pour jouir puis pour dormir contre l'ami venu dormir et le faire jouir, qu'un corps attendant le sommeil et un ami, qu'un corps endormi que l'on aime endormi et ayant joui qui attend qu'un corps ami vienne le faire jouir et dormir contre lui, qu'un ami ne dormant pas encore attendant un ami venu le faire jouir et le faire s'endormir, qu'un corps ami ayant envie de dormir et de jouir ne dormant pas encore, qu'un corps endormi qu'un ami ne dormant pas vient faire jouir et aimer voir dormir, qu'un corps presqu'endormi attendant son ami pour jouir, qu'un corps presqu'endormi attendant son ami pour s'endormir contre lui venu aimer son ami, qu'un ami presqu'endormi dont le corps attend qu'un ami qui ne dort pas vienne puis s'endorme contre lui, qu'un corps ami dont le corps aime s'endormir contre un ami, qu'un corps ami presqu'endormi attendant un ami pour jouir puis s'endormir, qu'un corps aimant dormir avec son ami, qu'un ami dormant avec son ami ?
mardi 27 février 2007
LE PONT
Avant tout, abandonner tout désir de : laisser faire - laisser aller - repos - bien-être - soin - relâchement - connaissance intime - plaisir - écoute - douceur - présence - abandon - profondeur - ... -, se relever si l’on est allongé, se redresser si l’on est avachi, se réveiller, s’échauffer rapidement et simplement et globalement (pour cela : sautiller, se fléchir, se tordre, répéter des mouvements, les accélérer, ne pas pauser, ne jamais pauser), aller contre un mur, placer main et gorge contre le mur et commencer déjà à s’amuser à creuser la vallée dorsale, la nuque, varier le placement des mains, creuser le dos, arquer le buste et le torse, toujours face au mur, puis se décider à augmenter la force de ses bras, placer ses mains au sol, garder ses jambes tendues, respirer, en expirant, pousser dans les mains et monter les pieds afin de former une verticale au dessus des mains, redescendre avec la même poussée, recommencer, s’asseoir sur des talons, creuser le dos, se retourner, les étapes préparatoires sont finies, le pont commence, placer la face interne des avant-bras contre le mur, les mains au sol, placer les pieds parrallèles, plier beaucoup les genoux, pousser dans les mains et dans les pieds, pousser contre le sol, si fort que le bassin et le dos décollent, que la tête décolle, tendre les jambes, pousser contre le sol, approcher les pieds des mains, pousser les avant-bras et la gorge contre le mûr, forcer le bassin à rayonner vers le plafond, regarder ses pieds ou au moins le sol, pousser si fort que l’on lève alternativement le pied gauche, le pied droit, le bras gauche, le bras droit, rapprocher les pieds des mains à chaque levée, approcher les pieds de façon à ce qu’ils recouvrent les mains, redescendre calmement, pleurer de joie.
Pleurer de joie car les cuisses ont pu et s’étirer et se renforcer, se solidifier et s’élastifier, se durcir et s’adoucir, se construire et se répandre, se cimenter et flotter, travailler et jouir, diriger et obéir, être fortes et faibles, lourdes et légères, amantes et amoureuses etc...
Pleurer de joie car les cuisses ont pu et s’étirer et se renforcer, se solidifier et s’élastifier, se durcir et s’adoucir, se construire et se répandre, se cimenter et flotter, travailler et jouir, diriger et obéir, être fortes et faibles, lourdes et légères, amantes et amoureuses etc...
SPECTACLES
Le corps scintillant d’injustices, vernis professionnellement, dans le coin, à l’avant-scène, le dos tourné à tous, le regard planté méchamment, dans l’espace entre les oreilles et les tempes des deux spectatrices en face, à jardin. C’est le béton armé, métallisé qui coule à toute allure dans les veines, ce sont les pieds qui affrontent amers, et dégoûtés le sol, ses marques, sa sécheresse, ses plis, aspérités fortuites et indésirables. Les doigts en flèche vers le même plancher, cuticules recouvert de paillettes grises et bleues / à chaque entrée, je crains que les responsables ne les détectent et ne m’accusent de déteriorer la signature plastique, de militer illégalement, d’être honteusement désinvolte, mais seules mes partenaires, recouvertes très vite des capsules cosmétiques s’en rendent compte et n’osent rien dire, n’osent rien me dire, elles finissent disgracieusement luisantes, je finis raide, aigu, montagnard, une sorte de silex exposé, de silex si vieux si rare si coupant que les musées l’exposent derrière vitrines et sous lampes,
restant immobile vingt secondes, je secoue à l’intérieur des bassins, petits et grands, tous les sons entendus et hurlés avant de rentrer, alors s’y agitent toutes les chansons chanceuses, toutes les chansons
mais surtout entre les genoux et le plexus, entre les côtes, entre le coccyx charmé du souvenir des massages de la veillle et les lombaires glorieuses, entre le palais et les dents, plus généralement entre les os et les fascias, entre le visage et l’air, entre le souffle et la mort, courent, se ruent, dansent, gigotent toutes les rages, cruautés, méchancetés prédites et promises, Entre les deux ischions, entre la lèvre supérieure et le nez bouent, fulminent, culminent, fument toute la mauvaise foi, la mauvaise volonté, les mauvais tours, les perfiditiés, les injustices, les inimitiés, tous les carburants de tous les gestes à venir, tous les carburants s’échauffent, s’huilent, bouillonnent, dans tous les récipients du corps, dans le foie, dans les malléoles, gonflent, piaffent la liste des mauvais sentiments, indispensables pour bondir, déraper, gémir, frapper l’air le sol les partenaires, tous les carburants se testent, roulent leurs yeux, le coeur des carburants gonflent dans chaque paume, dans chaque glande, les éclairs artifiiciels et naturels excitent et électrisent les vêtements et les parures, les foudres effectuent en silence, en miniature, leurs essais techniques, comme les pyrotechniciens du 14 juillet avant la nuit tombée, les sueurs testent la rapidité de leur flot, le souffle teste son apnée, le souffle teste sa mort théâtrale, les jambes testent leur puissance de nuisance, d’écartement, de saut, de traction, les bras ajustent leurs longueurs,
tout - âme, sentiments, efficience, souffle, intelligence - se condense, s’encapsule, se déglutit dans l’attente et l’espoir d’exploser patiamment et totalement.
Avant que le signal ne vienne libérer l’épilepsie, la tonicité, ne vienne libérer les gladiateurs physiologiques, avant que le signal sonore, dont, bien que nous restions muets, impassibles ou taciturnes, on sait tous, au milieu de ces lumières réciproques et belles, qu’il va nous énerver, qu’il va rendre furieux nos nerfs et nos gestes, avant le signal donc, une forme de dilatation, de baîllement disproportionné vient détendre, apaiser, adoucir, pacifier, normaliser, calmer, caresser, grandir les mauvaises humeurs et intentions des synapses, des paupières et de toutes les crêtes du corps (toutes les crêtes du corps deviennent vallée pour un temps, le temps de gagner l’amitié des amis et des inconnus, le temps de pactiser avec les partenaires à venir, le temps d’ensorceller grossièrement le plateau).
Une sorte d’interprétation facile, permanente et exaltante : tout se passe sur une planète surnaturelle, où les corps nus sont couverts de bandeaux colorés baillants, où les mains et les professionnels s’ajointent comme s’ajointeraient des rivières et des littoraux et des coraux dans une classe de danse de salon terrestre, où la richesse, la justice, l’amitié, la vie, la liaison, la carrière, la générosité prennent des formes de tournoi, de nausée habilement déplacées (les nausées terrestres sont de poitrine, les nausées extraterrestres sont pelviennes, pédestres etc...), prennent des formes de coups, de répétitions, où les astres sont innombrables mais clairement et méthodiquement rangés, par taille et par couleur, où les invitations (à dîner, à prendre un thé, à voir un spectacle) sont d’autant plus polies qu’elles sont torsadées, torturées, où l’on s’enquiert de la santé de ses amis en évaluant le temps qu’ils ont besoin pour se laisser casser un bras, où l’on palpe l’excitation de ses amants en placant leurs dos sur nos pieds ou sur nos oreilles, où l’on dort debout et en pirouette.
ET quand l’interprétation devient trop globale, trop facile, trop ennuyeuse, trop indigne, trop recouvrante, ce sont des éléments historiques nobles qui réinjectent la couleur, qui EMPOURPRENT la danse : histoire des impératrices, histoire des saumons, histoires des groupes de filles (girls band), histoire de la propreté, de la santé, histoire des couleurs.
Et alors au moment de faufiler le flanc droit à l’unisson de X (légèrement décalé), ce sont les surfers privés qui débarquent, sautent à la rescousse, qui tirent, à notre intention, vagues artificielles et vent bienveillant.
A la fin, quand les contractions sont devenues le mouvement des herbes face aux rafales de vent, quand les crispations sont devenues les métamorphoses dociles des pâtes, plâtres, substances des sculpteurs et des potiers, quand la bouche s’ouvre comme est ouverte la bouche d’un fauve empaillé, quand la rage maligne, quand l’ensemble des mauvais désirs flottent partout ailleurs sauf sur moi, recouvre le tapis, la bave de mes partenaires et l’immobilité suspecte des spectateurs, je peux me relever, me réajuster, et laisser inventer des sourires merveilleux et trompeurs,
les sourires du salut, propulsions privatives, accolades, froncements d’oeil, inclinaison du nez, entrouverture de la bouche, souplesse, centralité, tout est déchargé, et amnésique, c’est le salut sournoisement engagé des vedettes de cinéma pour un film qu’elles ont tourné il y a des mois, des années, c’est la séance de dédicace ruisselante de sueur et de morves d’artificiers et de truqueurs.
restant immobile vingt secondes, je secoue à l’intérieur des bassins, petits et grands, tous les sons entendus et hurlés avant de rentrer, alors s’y agitent toutes les chansons chanceuses, toutes les chansons
mais surtout entre les genoux et le plexus, entre les côtes, entre le coccyx charmé du souvenir des massages de la veillle et les lombaires glorieuses, entre le palais et les dents, plus généralement entre les os et les fascias, entre le visage et l’air, entre le souffle et la mort, courent, se ruent, dansent, gigotent toutes les rages, cruautés, méchancetés prédites et promises, Entre les deux ischions, entre la lèvre supérieure et le nez bouent, fulminent, culminent, fument toute la mauvaise foi, la mauvaise volonté, les mauvais tours, les perfiditiés, les injustices, les inimitiés, tous les carburants de tous les gestes à venir, tous les carburants s’échauffent, s’huilent, bouillonnent, dans tous les récipients du corps, dans le foie, dans les malléoles, gonflent, piaffent la liste des mauvais sentiments, indispensables pour bondir, déraper, gémir, frapper l’air le sol les partenaires, tous les carburants se testent, roulent leurs yeux, le coeur des carburants gonflent dans chaque paume, dans chaque glande, les éclairs artifiiciels et naturels excitent et électrisent les vêtements et les parures, les foudres effectuent en silence, en miniature, leurs essais techniques, comme les pyrotechniciens du 14 juillet avant la nuit tombée, les sueurs testent la rapidité de leur flot, le souffle teste son apnée, le souffle teste sa mort théâtrale, les jambes testent leur puissance de nuisance, d’écartement, de saut, de traction, les bras ajustent leurs longueurs,
tout - âme, sentiments, efficience, souffle, intelligence - se condense, s’encapsule, se déglutit dans l’attente et l’espoir d’exploser patiamment et totalement.
Avant que le signal ne vienne libérer l’épilepsie, la tonicité, ne vienne libérer les gladiateurs physiologiques, avant que le signal sonore, dont, bien que nous restions muets, impassibles ou taciturnes, on sait tous, au milieu de ces lumières réciproques et belles, qu’il va nous énerver, qu’il va rendre furieux nos nerfs et nos gestes, avant le signal donc, une forme de dilatation, de baîllement disproportionné vient détendre, apaiser, adoucir, pacifier, normaliser, calmer, caresser, grandir les mauvaises humeurs et intentions des synapses, des paupières et de toutes les crêtes du corps (toutes les crêtes du corps deviennent vallée pour un temps, le temps de gagner l’amitié des amis et des inconnus, le temps de pactiser avec les partenaires à venir, le temps d’ensorceller grossièrement le plateau).
Une sorte d’interprétation facile, permanente et exaltante : tout se passe sur une planète surnaturelle, où les corps nus sont couverts de bandeaux colorés baillants, où les mains et les professionnels s’ajointent comme s’ajointeraient des rivières et des littoraux et des coraux dans une classe de danse de salon terrestre, où la richesse, la justice, l’amitié, la vie, la liaison, la carrière, la générosité prennent des formes de tournoi, de nausée habilement déplacées (les nausées terrestres sont de poitrine, les nausées extraterrestres sont pelviennes, pédestres etc...), prennent des formes de coups, de répétitions, où les astres sont innombrables mais clairement et méthodiquement rangés, par taille et par couleur, où les invitations (à dîner, à prendre un thé, à voir un spectacle) sont d’autant plus polies qu’elles sont torsadées, torturées, où l’on s’enquiert de la santé de ses amis en évaluant le temps qu’ils ont besoin pour se laisser casser un bras, où l’on palpe l’excitation de ses amants en placant leurs dos sur nos pieds ou sur nos oreilles, où l’on dort debout et en pirouette.
ET quand l’interprétation devient trop globale, trop facile, trop ennuyeuse, trop indigne, trop recouvrante, ce sont des éléments historiques nobles qui réinjectent la couleur, qui EMPOURPRENT la danse : histoire des impératrices, histoire des saumons, histoires des groupes de filles (girls band), histoire de la propreté, de la santé, histoire des couleurs.
Et alors au moment de faufiler le flanc droit à l’unisson de X (légèrement décalé), ce sont les surfers privés qui débarquent, sautent à la rescousse, qui tirent, à notre intention, vagues artificielles et vent bienveillant.
A la fin, quand les contractions sont devenues le mouvement des herbes face aux rafales de vent, quand les crispations sont devenues les métamorphoses dociles des pâtes, plâtres, substances des sculpteurs et des potiers, quand la bouche s’ouvre comme est ouverte la bouche d’un fauve empaillé, quand la rage maligne, quand l’ensemble des mauvais désirs flottent partout ailleurs sauf sur moi, recouvre le tapis, la bave de mes partenaires et l’immobilité suspecte des spectateurs, je peux me relever, me réajuster, et laisser inventer des sourires merveilleux et trompeurs,
les sourires du salut, propulsions privatives, accolades, froncements d’oeil, inclinaison du nez, entrouverture de la bouche, souplesse, centralité, tout est déchargé, et amnésique, c’est le salut sournoisement engagé des vedettes de cinéma pour un film qu’elles ont tourné il y a des mois, des années, c’est la séance de dédicace ruisselante de sueur et de morves d’artificiers et de truqueurs.
lundi 5 février 2007
PARIS
Parmi la liste des expertises essentiellement non déléguables, figure en premier lieu l'expertise énergétique. La gestion de la fatigue, le stockage des combustibles, l'évaluation des dépenses, l'ajustement des méthodes ambulatoires, et tous les développements techniques favorables à une économie bénéficiaire de l'énergie privée ne peuvent être imposés par des lois, ne peuvent jamais devenir des conseils adressés à autruis, ne peuvent pas être enseignés en classe, ne peuvent pas faire l'objet de règlements intérieurs, ne peuvent être ni moralisés ni modélisés, ne peuvent pas être jugés. Mêmes les bilans énergétiques ne peuvent pas donner lieu à des récompenses et des sanctions. Seuls la perfection de la forme, la glaciation durable de la posture choisie, l'intégrité cutanée, le maintien effectif des vitesses programmées, la fiabilité relationnelle (chutes, foulures, nausées, palpitations visibles, peau glissante, rubescence faciale disgrâcieuse, asthme sonore et incommodant sont bien sûr punis) sont publiquement contractualisés, et donc notés. C'est à quoi correspondent les grilles indiciaires, les hiérarchies salariales etc... Et c'est sur quoi se fondent toutes les politiques territoriales (traitements préférentiels, discriminations), les politiques typographiques (taille, couleur, style des caractères, localisation des affiches, choix des photographies), les politiques électorales (constitution des listes, calendrier des scrutins), les politiques de sécurité sociale (hôpitaux réservés, puissance et efficacité des traitements prescrits), les politiques fiscales (dégressivité inversée), les politiques honorifiques.
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L'interdiction de la dérogation dans le domaine de la sexualité (champs pratique) a été mal comprise par :
-la littérature jurisprudentielle
-le sens populaire et commun
-les auteur.e.s de scripts.
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Le communisme énergétique n'est pas (n'est plus) la mise en commun des ressources combustibles, la mutualisation des gisements, la collectivisation des matières premières. Le communisme énergétique désigne des programmations motrices (scéniques, amoureuses, sexuelles, sociales etc...) suffisament vigoureuses, violentes, profondes et intégrales pour qu'elles dissolvent, à leur issue, toutes les inégalités de dotation naturelle et de culture (familiale et régionale). Le communisme énergétique est une mise à plat, un retour à zéro équitable.
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L'évolution logique et désirée sera celle-ci :
- les micro-tortures deviendront larges et générales,
- l'étouffement remplacera la pression,
- le plissement et l'éloignement constant de la peau des fascias remplacera les pincements,
- l'alternance sera supprimée au profit de la répétition,
- les précautions (sanitaires, affectives, sédimentées ou aimables) seront abandonnées,
- l'immobilité sera la règle et le principe de base (comme il a été bien expliqué ailleurs),
- l'emballage remplacera l'étreinte,
- le plénier se substituera à l'abrégé,
- l'amour sera perpétuel et conquérant,
- les coups seront abandonnés au profit des liens,
- le chant continu exprimera explicitement l'affection.
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L'interdiction de la dérogation dans le domaine de la sexualité (champs pratique) a été mal comprise par :
-la littérature jurisprudentielle
-le sens populaire et commun
-les auteur.e.s de scripts.
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Le communisme énergétique n'est pas (n'est plus) la mise en commun des ressources combustibles, la mutualisation des gisements, la collectivisation des matières premières. Le communisme énergétique désigne des programmations motrices (scéniques, amoureuses, sexuelles, sociales etc...) suffisament vigoureuses, violentes, profondes et intégrales pour qu'elles dissolvent, à leur issue, toutes les inégalités de dotation naturelle et de culture (familiale et régionale). Le communisme énergétique est une mise à plat, un retour à zéro équitable.
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L'évolution logique et désirée sera celle-ci :
- les micro-tortures deviendront larges et générales,
- l'étouffement remplacera la pression,
- le plissement et l'éloignement constant de la peau des fascias remplacera les pincements,
- l'alternance sera supprimée au profit de la répétition,
- les précautions (sanitaires, affectives, sédimentées ou aimables) seront abandonnées,
- l'immobilité sera la règle et le principe de base (comme il a été bien expliqué ailleurs),
- l'emballage remplacera l'étreinte,
- le plénier se substituera à l'abrégé,
- l'amour sera perpétuel et conquérant,
- les coups seront abandonnés au profit des liens,
- le chant continu exprimera explicitement l'affection.
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lundi 25 décembre 2006
Je suis l'ami d'un roi, de deux rois. L'un vit aux confins des mausolées de ses proches (ascendants et descendants). L'autre aime l'eau. Ils deviendront des saints, ils feront l'objet de livres, de pièces de théâtres, de ballets modernes. L'un rôde, sa tête sous son bras ou sur sa main et contrôle les niveaux d'humidité. L'autre nage et souille délicieusement un puits. Ils devraient nous donner des idées pratiques plus qu'artistiques.
Comme les affaires, comme a volé.
C'est un jour de fête désaffiliée. A l'étage du chateau, on n'entend pas les cloches, on est à l'écart des célébrations. C'est la veille de difficultés. C'est un jour simple, exempt de tournures. C'aurait dû être un jour sans coup, enfin humide et généreux, un jour de dégustation. Les moutons sont tondus, les jeunes sont tout juste rentré du coton, certains criblés de dettes - pour n'avoir pas ramassé les quarante kilos journaliers règlementaires, certains trouvent des façons sexuelles de payer leur dette. C'est un jour qui fait fuir le brouillard et les menaces, un jour de deuil, le soleil n'éclaire plus nos statues dorées, les pivots sont rompus, c'est un jour sans style, de pure redite, mêmes coups, mêmes difficultés, mêmes lassitudes, mêmes extrêmes dévotions, mêmes amours, mêmes confiances. Selon elle, c'est la Fête de l'Aporie, selon moi ; c'est simplement le jour avunculaire - son grand retour. Cette année, ce jour tombe en plein pendant les négociations organisées à l'aide d'un logiciel de traduction à cause des restrictions budgétaires, c'est l'année lors de laquelle "à bientôt" se dit "tant que", lors de laquelle on "se remet des grands saluts", lors de laquelle on se rejouit :
"Chez nous belle va la neige".
"Chez nous belle va la neige".
mardi 19 décembre 2006
LES CONTORSIONS SACREES SOUS LES LUTRINS GEANTS
MON MASSEUR REGARDE SON MAITRE MON MASSEUR ME BRISE LES REINS LES GENOUX ESSAIE LE COEUR MON MASSEUR ME BRULE LE SEXE J'AIME (MIEUX)LUMIERE MA KAZAKH SES VISITES NOCTURNES DANS MA VIEILLE CHAMBRE MA GUIDE CONNAIT PLUS DE LEGENDES QUE LES AUTRES LES JUS DE GRENADES LES TETES COUPEES ET LES CONTORSIONS SACREES SOUS LES LUTRINS GEANTS DE SAMARKAND.
jeudi 14 décembre 2006
C'est Hâche ou Arrête! - si j'étais le dernier-né suspect d'une grande fratrie - ou plutôt Beau Visage (Belle Physionomie) ou Force ou Triomphe ou Vaillant ou peut-être Rideau que nous nous appellerions. Et je pourrais remonter l'allée présidentielle, éviter artistiquement les contrôles de police, traverser travesti le brouillard pour te rejoindre les nuits de légende. Nous ne parlerions alors ni de plov, ni de fruits confits, ni de nos salaires, mais juste un peu de l'harmonie de nos prénoms, de la belle alliance des sonorités et des sens, de l'étonnante confusion des forces et surtout des systèmes inconnus, des glandes humorales inhumées. Je ne parlerais ni des larmes d'Olga, ni de mon amour vain pour Farid, ni de mes dettes, ni du costume national. Et nous partirions ensemble pour Khiva, demain ou après-demain.
vendredi 1 décembre 2006
ROUTE
Sur les routes de Picardie, quittant le couvent argenté et délabré, fonçant, enfin compétent dans le village, jusqu'à la gare de Saint-Erme, les bureaux fermés, jusqu'au TER à deux vitesses, jusqu'à Reims, jusqu'au marché de Noël, jusqu'aux hauts-parleurs, jusqu'aux gloires à Dieu électroniques et bruyantes, jusqu'à retrouver, entre quelques sushis déjà ternes plusieurs danseurs tunisiens, connus à Montpellier, sur la route du retour, gonflé par Jack Kerouac, je pousse jusqu'à Busigny, dans les brouillards nouveaux et suaves - comme des versions humides de l'été, les aboiements et sursauts des chiens, l'hôtel-restaurant fermé, sur la route du retour, tôt encore mais nocturne, je m'arrête à Saint-Quentin, je descends avec toutes les filles montées à Bohain dans le TER moderne et avec les délégués chasseurs, les garçons aussi lycéens attendent Montescourt, je pense encore aux listes-écrins, aux longues listes intégrant noms et sentiments cachés et aveux, aux monuments aux morts, révélant éblouissant et invisible le nom aimé, troué sur la réserve naturelle de Saint-Quentin, je traverse les ponts, rôde autour des basiliques, des théâtres, des mairies, quelques insultes citadines, je découvre des trésors, des pailles aurifères, j'imagine les cadeaux, j'imagine les sciences-fictions, si tu étais là, si les silences rompus, si je complotais avec elle au lieu d'y rêver, les parures acquises à Babou, diodes lumineuses, robots, sabres magnétiques, je flaire tous les hôtels et toutes les brasseries de Saint-Quentin, j'en trouve un, de Paris, proche du canal, filles et vieux cessent tout à mon arrivée, puis m'offrent le renouveau du juke-box, je préfère celui de la Paix, sur la place, mais aucune des chambres ne donne sur la place, elles sont toutes trompe-l'oeil, j'en trouve une quand même sur rue, romanesque, je ne peux rien en dire de plus, sinon les multiples interrupteurs, la télévision, les rideaux lourds, plissés, fleuris, les double-vitrages, les VRP, tous les hôtels sont labellisés pro-VRP, je préférais en fait la demeure des Tanneurs où il ne restait que des suites, je mange de gras nutriments dans une Brasserie affable, nouvelles insultes, inquiétudes du couvent, nuit sobre, sage, seule, pure, indifférente, je retrouve au matin mes pailles dorées, toujours ni message, ni rupture, ni espoir, ni programme, ni rencontres, ni tristesse, je sillonne la ville à nouveau, les ponts, maisons basses, lumières urbaines, histoires, peintures, toujours de l'identification, toujours de l'exaltation, pas encore de réflexion, chants des morts, anglais, noirs, jeunes, coqs, évêques, ducs, grands, beaux, bels, bègues, blancs, bruns, cailloux, cerfs, clercs, chantres, coins, comtes, écuyers, dieux, forts, gris, gros, jeunes, maires, émirs, moines, neutres, pères, épines, preux, sages, sûrs, étangs, étaux, turcs, insultes à la gare, le retour est encore plus romanesque, retour de fugue, retour au couvent, punitions, coups de règles fantasmés, ligottés dans les cages flanquant la chapelle, en attendant :
La voiture de la boulangère me course et me rattrape au niveau du "Cimetière du Commonwealth" de Saint-Erme.
La voiture de la boulangère me course et me rattrape au niveau du "Cimetière du Commonwealth" de Saint-Erme.
mardi 21 novembre 2006
C'est un nouveau message. Les sentiments ouïs, les cercles aux rayonnements profus inégaux, les listes-écrins, les coups nationaux, les coups-sortilèges, les désemboîtements thoraciques automnaux, les âgismes agonistiques, les rejets d'ivrognes - les vins chauds, les attributs-étendards, les flux et ressacs des mises en intrigue, les chorales-avenants au contrat, les déontologies refroidissantes, la giclée des semi-retournements des assignations punitives, les maladies et excuses, les mues des timides, les éradications-projets, les scies-dildo, les restrictions programmées-respectées, les maîtres ourlés, les écrivains-chevaux et les rectangles, les forages bibliothéquaires-conditions, les mauvaises raisons, le gros oeuvre-piédestal, l'hebdomadaire bureaucratique des abstinences, les pesées, les nuits correctrices, les mandarinismes "broyeurs vs anneaux" _ "masque vs capuche" _ "tronçonneuse vs pressoir" _ "politesse vs caresse" _ "scotch vs pinces"_ "alliances vs légendes" _ "feldenkreis vs fessée" _ "épilation vs modernité" _ " répression vs complot" _ "empathie vs dépassement", les discriminations inventives, les mains/fronts au mûr, les gorges profondes, les préferences.
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