dimanche 29 janvier 2006

Du 24 au 27 janvier, pendant 72 heures, FC et JS devaient macérer. Finalement JS a macéré 40 heures, FC 64 heures.

m a c é r a t i o n s
– d é – c o n f i t – u r e s –



– la silhouette amincie étirée, bossue des pressions exercées sur le squelette par l’alitement prolongé et la fonte musculaire, les yeux démaquillés défatigués et éteints, les cils transparents et blondis de l’alanguissement du rythme de leurs clignements, de la rareté des ébahissements qui auraient pu les activer, les oreilles internes navigantes, dansant à la mesure inverse de leur engourdissement, les pieds, surpris des mutations taxinomiques à l’œuvre en leur sein même – plus de calcanéums, de métatarses, d’orteils, de plantes, de faces internes et externes, juste une grosse, belle, emphatique malléole et deux orteils, robustes, simples, rustiques –, les jambes chancelantes, scintillantes, fourmillantes, maigres, les sueurs douces comme les sueurs des premières danses d’enfants, épaisses et calmées par leur rassemblement prolongé, inattendu et nouveau, logées juste à côté ou en deçà des plis qu’on imagine être leurs domiciles évidents, tenaces et conciliantes, les vêtements rêches, dans lesquels nous avons sympathiquement pris soin de nicher miettes, jus, pelures de carottes, sur lesquels les exhalaisons enragées endormies se sont fixées, les cheveux lustrés par les fibres, les laines, les châles, les capuches, les oreillers, les mains, les retournements, les sommeils, les perplexités, les caresses, gominés par le froid et la réclusion –



après 40 heures de macération, JS plonge dans le lac, déjà très calme, très aplati par les sommeils et les léthargies et les douceurs partagées, JS secoue les édredons, fait ricocher les draps froissés par les réajustements de nos rachis et de nos scolioses, affronte l’ennui et la contrainte, en révèle l’indigence, révèle l’improductivité intolérable du désoeuvrement, découvre la fin du stock de cigarettes – ou de feuilles à rouler – propulse le consensus du mutisme, de l’économie de gestes et lacère nos mines mimant l’ataraxie – la plénitude du vide – la profondeur de l’ennui – JS révèle (octroie ?) aux cigarettes – ou aux feuilles à rouler – une puissance motrice remarquable, y puise un prétexte affirmatif magistral. JS rôde, fragilise la lente construction de la cellule réfrigérée accueillant (bien mal stratégiquement) notre expérience de macération, la découvre, l’infiltre, la chahute
– les entrées précédentes de A et de J – attendues – inefficaces – ont été bien loin de faire ainsi frissonner les heures – elles nous ont juste fait penser, pour nous délasser des récits des perplexités budgétaires de nos voisin.e.s de chambre, à la côte cassée de J et à son émouvante postérité musicale –
JS a injecté drames et sentiments, a fait surgir la société prétendument ajournée, et a abattu une des fictions de la marinade-hors-du-monde








- la macération s’organisait sur quelques principes simples : claustration, exiguïté de l’endroit, autarcie, rudesse – pas de discipline trop assimilable à une sanction ou d’inventions trop durement créatives comme des momifications intégrales ou des bains abrasifs – mais amenuisement des stimulations sensorielles, appauvrissement de la diététique (pains – eau froide – carottes – pommes) ; quelques contraintes endogènes, volontairement vagues, larges, lâches, pas trop subordonnées à des rites – fantasmés ou réels : silence – privation de lecture et de toute production articulée, valorisation de l’immobilité, du dépôt, de la station allongée (comme pour des harengs marinant, la macération n’imposait pas une craintive immobilité figée : tous les réajustements, contacts et rapprochements étaient désignées comme bienvenus, seule la suractivité gestuelle était évitée) ; et bien sûr, maintien sous couettes et couvertures à l’intérieur d’un endroit frais, froid même comme l’est la saison. -

– L’objectif de cette macération n’était pas vraiment d’accéder, après un ramollissement général des chairs, à une sorte de pépite, qui aurait constitué le « meilleur de nous-même », le plus savoureux, le plus précieux, le plus véritable et le plus essentiel. La productivité était attendue à un autre niveau. Nous espérions pouvoir racler, récupérer une pellicule, une écume, un fumet qui aurait été le résidu des inventions relationnelles produites par le partage des contraintes et la coprésence intime et prolongée. Ce fumet serait, nous l’espérions, beaucoup plus inattendu, qu’une banale mixture de sueurs, larmes et semences, tangiblement générées par la macération. Ce fumet ne devait pas être inerte, détectable, soupesable, isolé. Ce devait être un fumet non-chimique ou plus que chimique, gestuel et mobile. -

- Les contraintes étaient pauvres – nous le savions mais ne voulions pas que le risque – qui était au final le seul risque pris – d’attester a posteriori de l’indigence du dispositif crainte a priori soit une raison suffisante pour renoncer à se soumettre à ces contraintes. Mieux valait, pensais-je, risquer de s’ennuyer durement que de traîner de longs mois une pesante idée, un peu butée, jamais validée mais jamais invalidée non plus. Mieux valait, pensais-je aussi, commencer avec un squelette de ‘contraintes’, une contrainte grotesque tant elle est affichée, référencée, lourde, ennuyeuse. Mieux valait commencer avec un paradigme mou, médiocre et inoffensif qu’enchaîné, quelques mois plus tard et à brule-pour-point à de lourdes bandes de latex, mis sous vacuum, aux mains de tortionnaires inconnus et inquiétants. Mieux valait se laisser dissoudre, séparer et ennuyer plutôt que s’endommager trop vite dans un sarcophage hermétique. –








sur les matelas mous, les oreillers décadents, et sous les couettes insistantes, le seul intérêt (hormis la joie engourdie de guetter les furoncles, alité dans une chambre entièrement couverte de voiles blancs pour réduire la puissance des stimulations sensorielles) à été de tester – de moduler – les températures, les courbes thermiques, leurs ruses, leurs mouvements, leurs chocs, leurs amitiés, leurs érotiques : nos ami.e.s ont tant cru à un scénario de réclusion passionnelle, de performance amoureuse et embrasée – il s’est juste agi en fait d’érotique thermique.
mais alors, macérer si longtemps, dans un tel désoeuvrement, nous a quand même plutôt refroidi, endurci, qu’amolli et pénétré de la moiteur du fumet. Il aurait fallu prévoir des marmites, des plantes, des dioxydes, des feux, des vapeurs, une sorte de sauna mutant, sauna prolongé, sous couettes et sous feuilles. Il aurait fallu se nourrir chaudement, abuser de sauces, de liants, de moelleux, de légumes, se laisser mijoter, bercer par quelque mains tierces et bienveillantes, il aurait fallu s’entourer, les cornichons ne macèrent jamais par deux, il aurait fallu créer des comités, alerter nos ami.e.s, soumettre des invitations, se montrer accueillants, inclusifs, chaleureux…
Maintenant, tout au moins, je suis prêt à affronter les sudisettes du futur, les accélérateurs de réchauffement, les échauffements passifs et immobiles, je suis prêt à inventer des micro-macérations éclairs, Blitzmacerazion redoutables, miniaturisées, transportables et démontables.


évidemment, la retraite ne m’a pas confronté à l’originaire, à la pureté, à ‘‘l’antiphrase insoluble de la genèse de nos personnalités’’ – évidemment, la discipline faible que je me suis imposée (résistance à la tentation alimentaire, résistance à l’ennui, à l’ankylose croissante des articulations, à l’affaiblissement général, mutisme, privation d’accès aux instances de communication) ne m’a pas beaucoup intéressé, ne m’a pas trans-figuré, ne m’a pas modifié, ne m’a pas rendu plus apte et plus disponible à la connaissance, ne m’a pas rapproché de quoi que ce soit, ne m’a pas donné envie de persévérer – évidemment, les exercices vulgarisés de contrôle du flux des idées, de concentration, et surtout de l’indépassable maîtrise respiratoire, m’ont traversé, ennuyé, assombri, éventuellement poussé au sommeil, mais rien de plus – évidemment, j’ai détesté la diète bancale, l’inhibition digestive qu’elle a provoqué, et les frustration et envie grotesques qu’elle a induites (par ailleurs et cependant, j’ai aimé remarquer que nous avions singulièrement surestimé notre soif et nos besoins en hydratation) – évidemment, quelques généalogies de souvenirs, inattendues et précises, ont surgi, sont venu un peu compliquer le flot des pensées banales mais vénérables, matérielles, professionnelles, sentimentales, logistiques, relationnelles labourant mes airs impassibles – évidemment aucune idée de génie, aucune solution inespérée, aucune intuition majestueuse n’a heurté la douce, moyenne, tranquille attente – quelques ‘idées’ dérisoires et suspectes m’ont animé, des ambitions fixes m’ont tenu éveillé –


après la disruption des 40 heures, la décision de JS de ne pas surmonter l’interminable cap des douze heures séparant la trente-sixième de la quarante huitième, de secouer la dramaturgie, jusque là admirablement plate, horizontale, stable, de se mutiner contre les effets débilitants et improductifs d’un consentement superficiel, des fiertés nouvellement nées sont venues regonfler mon organisme, comblé mais quand même ralenti – des objectifs, des planifications du court terme sont venu.e.s densifier et organiser les dernières heures de macération

le moment des rires blancs, de nos premières minutes effrayées, de nos gloussements déployés, harmonieux, parfaitement ‘à l’écoute’ (pour une fois), me faisant presque m’intéresser au thème de l’angoisse et de sa formidable proximité avec toutes sortes de motifs primordiaux, inaccessibles et envahissants, les premières minutes de l’effroi courroucé et délicieusement aveuglé par l’effet tangible de nos libertés – de cela, les dernières heures, seules, autonomes, indépendantes, se sont fort éloignées – récupérant quelques gouttes frelatées d’un alcool de squat, chronométrant les apnées, goûtant la froideur de l’isolement, de la légèreté célibataire, de l’aiguisement de mes désirs, de mes projets, me construisant quelque postérité ou célébrité fictive, vantant les bienfaits du rechargement énergétique, imaginant mes prochaines étreintes, leurs éclats, me délectant de quelques pensées bien connues du moment
– un observateur m’a fait remarquer le peu de cohérence de ma position de macérant isolé alors que mon objectif principal était – bien plus que l’expérience de ma transformation par la discipline – l’espoir de quelque chorégraphie relationnelle – ça a été en effet un peu le passage d’une parade amoureuse et thermique et toute à l’interaction à une self-maceration, exemplairement autarcique mais semblant déconfite autant que confite – mes prochaines macérations seront soit collectives (voire collégiales) soit individuelles (éventuellement assistées) –








- ce rapport (en cours de finalisation) ne concerne évidemment que mon expérience propre de macération – et toutes les informations sur JS, J, A … sont probablement largement erronées -

jeudi 5 janvier 2006

06 est drastique 06 est béni par des couteaux des sabres des lames 06 ne reçoit pas de voeux 06 répond aux condoléances par blog - le blog tient lieu de faire part 06 n'est pas plus que les autres l'année du bonheur de l'équanimité du succès de l'amour de la santé 06 n'est pas l'année du vice - faites cesser cette rumeur stupide
06 est l'année de nos amies melanie melanie emma geri victoria 06 est l'année des prothèses des pots de fleur des voitures électriques 06 est l'année des grosses est l'année de magali est l'année des ruptures
en 06 faites vous trancher choisissez le sens choisissez le couteau en 06 devenez un groupe de filles en 06 les frayeurs disparaissent de la liste des troubles du comportement en 06 servez les tranches préalablement coupées disposées en 06 le génie ne se mesure plus à l'intensité des tentatives de suicide en 06 la moyenne d'écartement entre les deux épaules est multipliée par 1,4 en 06 certains bustes sont tallonés par la moyenne d'écartement entre les deux épaules en 06 les larges d'épaules perdent leur ascendant
06 aime duncan 06 se complique 06 est tellement ambitieux 06 danse avec les vagues ET ne ressent rien 06 ondoie ET scarifie ET reste mou ET s'élargit ET étouffe, bat, lamine ET porte des vêtements de soleil ET humile ET se cambre ET remporte ET écoute ET neutralise les sensations 06 revendique et élabore 06 élabore et produit 06 produit et triomphe 06 triomphe et se durcit
pour 06 inventons une discipline du sauna pour 06 coupons les radiateurs coupons les manches interdisons les duvets pour 06 développons une prophylaxie thermique pour 06 dormons à plusieurs changeons les côtés prenons les par surprise pour 06 tétanisons nos amant.e.s brusquons les chairs les plus délicates oublions la plénitude pour 06 embrassons nous beaucoup jusqu'à nous contaminer jusqu'à créer des chancres des aphtes à inventer des herpès pour 06 faisons les abcès être les fruits de nos baisers pour 06 devenons fins jusqu'à ne plus produire aucun effet
bons bains

mardi 13 décembre 2005

Lire APHTES

les lacs verdis d'annecy et les ébriétés enneigées et les longs ennuis et les éblouissements incandescents et les vertiges funéraires préparent la nouvelle année ou au moins les jours qui arrivent

alors un petit livre est disponible : semi-oraculaire, semi-programmatique, semi-fictionnel, semi-refroidi, semi-amoureux.

APHTES s'offre pour la nouvelle année, annonce la mort des fascias et les chaudes étreintes squelettiques.

Pour recevoir offrir lire APHTES demandez moi.
Vers Genève - toutes légèretés et lambeaux.
fR.

mardi 29 novembre 2005

aphtes

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::::::::::::::::::::::::::::::: Il est temps de revendiquer des minimalisations (abondantes), des complications gratuites, nulles et sans rapport, les faiblesses tordues, les défaillances honteuses, les reculades, les baisses de régime. Affichons, utilisons, dansons, aimons un corps endormi, engourdi, paralysé, démobilisé, dévié, déséquilibré, macéré, obscurci, voûté. Abattons le culte idiot et mièvre pour l’anticipation posturale, le « saint-prégeste ». Laissons nos postures être en retard, très en retard, très incompétentes. Nous sommes nombreux à danser amputés, sans espaces intérieurs et autres imaginaires forcenés. Nous sommes nombreux déjà à nous tordre et nous agripper ensemble, sans écoute constipée et charitable à nous retrouver sur des flamboyances excitées et aberrantes, antikynéstésiques, à avoir remplacé les massages par des coups de fouets qui n’expulsent même pas les toxines, à avoir préféré les momifications non-éréctiles au yoga des puissants, à faire du décompte des verrues l’échauffement le plus brillant, à crisper les sourcils autant que les cernes se creusent, à emprisonner les mauvaises énergies et les mauvaises tensions, à les chérir, à les entretenir, à les transformer en aphtes, énormes, insensibles et purulents, à ne pas écouter son corps, sa douleur, sa sensation. Nous sommes nombreux à fréquenter des saunas aphteux, à se ruiner en communication interlésionelles, à militer contre la sensation, le spécisme de la douleur et de la détente :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
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::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::nos périnées oubliés, nos sacrums incertains et repliés et décomposés, nos boyaux obturés, nos constipations vénérées évidemment intactes nos imaginaires obscurcis ou dissous comme des tablettes orodispersibles, nos têtes stériles, nos corps luminescents de stérilité, de fuite, d'inconscience, d'inconsistances, de défauts, de haines du lâcher-prise, d'indifférence à l'abandon, à la pesanteur, au vertige et aux autres violences permanentes et pauvres, nos muscles très durs très petits, nos genoux hypertendus, nos poignets hypertendus, nos coudes hypertendus, nos anus durs insensibles, ni plein de vie ni mortuaires, défoncés ou hypertendus, sans plus de finesse, dans la gloire d’un mouvement qui a oublié enfin le corps avancent : balistique magnifique qui économise son hymne, qui se contente de projeter des mains, des phalanges - évidemment (mes doigts ont toujours été des hoplites) - aphtes mort-nés impossibles à osthéopathiser, impossibles à masser, impossibles à sentir. L'hoax de la non-hyperesthésie triomphe ; il se fait contaminer par mes:::nos aphtes ni inflammés ni nocifs ni à expulser ni à évacuer ni à canaliser ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
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::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: ces épaules sans aura, investies sans concentration dans la contagion, investies avec hilarité dans ce rapport trop peu collant, trop peu inflammé, trop peu fortuit, et trop peu préparé avec excès embrassent mon aphte, qui alors plein d’une inventivité non-empathique, se force à, s’oblige, se crispe pour que des cheveux, des poils scapulaires, poussent, ne s’élèvent pas, mais se mettent à exister sans poids mais avec lourdeur, sans masse ou puissance ou autre qualité réactionnaire, se mettent à pousser en, évidemment, contractant les forces contradictoires, les cheveux de mon aphte poussent en prenant tout, tout dans les bras, tout dans les épaules, tout dans les lombaires, les cheveux de l’aphte s’oxygènent mal, vieillissent, n’ont pas d’entraînement, les cheveux aphteux gluants des jouissances de la matrice scapulaire, n’ont pas d’habileté d’agilité ne fréquentent pas ces gestes depuis longtemps ou plutôt n’en savent rien du tout, pensent à autre chose, ne cherchent même pas à se déconcentrer délocaliser déterritorialiser déconstruire, mes cheveux les cheveux de mon aphte les cheveux de l’aphte font connaissance, se contentent de comparer leur en-dehors, effectuent de virtuoses tensions posturales, et arborent mon aphte, en font un jardin, ne représentent rien, ne s’aventurent pas, poussent :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
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::::::::::::::::::::::::::::::::::j'ai hier croisé de très gros squelettes, beaux ensembles. :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
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:::::::::::::::::::::aphtes à pacokitchissimo@yahoo.fr

mardi 15 novembre 2005

NOVEMBRES

Avant les montagnes et les déserts de décembre et/puis les protocoles de janvier, et après les voyages des toussaint, un moment d'écriture, d'isolation et d'activismes rosés s'élabore.
L'AFFAIRE BERGER-LEVRAULT (1897-1905) se déplie, s'embrume, et se branche dans les premières écritures. Les questions basculent et se renversent, les bulles éclatent sans former de gerbes et les références se conduisent plus précisément. Plus concrêtement, le mémoire déroulera l'évènement -[ après avoir présenté une généalogie de la recherche elle-même, entre curseurs pointés et déplacés, outils bouleversés, et emprunts joyeux ]- sur un mode chronologique. Rien que ce choix est amusant : un objet typiquement évènementiel s'obstine par les faits à s'allonger, à se mettre à plat dos, à dissiper les effets de 'boule', 'perle', 'bille' suspendue hors du temps. D'abord les acteurs présumés s'explicitent et s'étirent, évitant néanmoins évidemment soigneusement toute malencontreuse microtéléologie. Puis la grève survient, les régimes de lisibilité s'estompent, se camouflent ou se muent. Enfin, le temps des réglements de compte, et des victoires inassumables. Deux moments forts, deux articulations : la vengeance /-/ la rupture de solidarité. Autour de ces jointures sommaires, les conduites s'activent, les discours se prononcent et, évidemment, les identités se dissolvent. Evidences labiles. Constats nuancés. Définitions brouillées. Mais c'est plus qu'une triste complexification-désintelligibilisation. C'est une nouvelle insistance sur des rapports de force et de géographie que des regards trop monovalents ont effacé. Et puis c'est un gai redéploiement de zones infréquentables entre elles qui se cache derrière des notes infrapaginales à interligne simple.




En même temps les larmes contemporaines se sèchent et s'alimentent au contact de mes compagnons de tristesse d'indignation d'apprentissages juvéniles d'actions. Je complète réseaux sans fils rapides avec des accollements misérables défigurés et éblouissants. Suis reconnaissant aux douceurs trouvées entretenues ces dernières nuits. Je repose mes courbatures des biceps contre lui pour creuser de magnifiques cernes exposées dans des trajets obscènes et cohabités. Et toute mollesse jouie, j'entretiens mes activités usuelles.
FR/

vendredi 28 octobre 2005

heiress•in bloom / fondation cartier

A l'occasion de la soirée de clôture de l'exposition J'en Rêve à la Fondation Cartier :

heiress•in bloom
performance•sculpture
françois chaignaud•ranjani shettar
textes : Frank Stuart Flint et Robert Burns
•samedi 29 octobre • 17h/20h, toutes les 20 minutes•


"Dans un palais de fleurs, on voit une héritière qui se rappelle un homme sans fortune qu’elle a aimé à Londres.
Aux abords du château, on voit cet homme amer s’éloigner et raconter son amour impossible pour l’héritière."





HEIRESS ("héritière") est une sorte d’opéra desséché, amaigri, qui se répète en boucle, à l’intérieur de l’installation de perles IN BLOOM de Ranjani Shettar, vestige calcifié et dansant d’un palais floral. A partir d'un montage de deux poèmes (un texte 'imagist' des années 1920 de l'anglais Frank Stuart Flint, et une chanson de la fin du XVIIIème siècle de l'écossais Robert Burns) HEIRESS parasite le noeud dramaturgique des fictions bourgeoises du XIXème siècle (la barrière des classes), et l'appauvrit jusqu'à en faire un caillou partiellement anachronique sur lequel poussent quelques mousses, élémentaires.

critique disponible sur http://blabla.blog.lemonde.fr/blabla/2005/10/blabla_220_le_v.html

lundi 24 octobre 2005

BELINDA S'INTERESSE AU YOO-NO-BI
FAISONS-EN USAGE...

vendredi 21 octobre 2005

heiress


heiress - le 29 octobre - fondation cartier pour l'art contemporain - cloture du festival j'en rêve
performance luxe chansons
le concert heiress n°1 sera tourné vers londres

PAQUERETTE - suite

La version définitive délicate et tendue de paquerette sera présentée dans des conditions excellentes à partir de 2006.2007.
Merci à touTEs celles qui ont soutenu les premiers essais et aux organisatrices des 72 heures - Virginie Jourdain et Jihane Dridi.

lundi 3 octobre 2005

PAQUERETTE


pâquerette
ballet rudimentaire en trois actes pour lampes, trous et vaselines



° ° °



avec cécilia bengolea, juliette bineau, françois chaignaud, lionel fernandez, hendrik hegray, éric minkkinen, carole perdereau
{lionel fernandez, hendrik hegray et éric minkkinen sont minitel}

conception : françois chaignaud en collaboration avec cécilia bengolea
accompagnement : pascal queneau
remerciements à la générale



° ° °



le samedi 8 octobre à 17h à la générale, 12, rue général lasalle, paris
dans le cadre des 72 heures féministes et queer 7,8,9 octobre
contact : 0 0 3 3 6 8 0 9 4 7 2 8 6

mardi 27 septembre 2005



une répétition de pâquerette,
bruxelles août 2005

samedi 17 septembre 2005

fondation cartier / soirées nomades / J'en rêve ---------------

fondation cartier / soirées nomades / J'en rêve ---------------






 
----------------------------pompè - procession urbaine
conception : françois chaignaud
néocore : nicolas couturier
acteur : françois chaignaud
 
mardi 20, mercredi 21, jeudi 22, vendredi 23 septembre à 18h30 : départ face au 8, rue Daguerre - 75014 paris - 25 min
 
pompè rejoue les processions de l’Athènes classique du Vème siècle et trouve des formes contemporaines aux enjeux soulevés par ces cortèges grecs. Tous les jours, à la même heure, aux mêmes endroits préalablement prescrits, s’avance la procession, créant une accoutumance pour les riverains et confrontant le public à un double crissement temporel : celui de la performance de la veille et celui - encore plus scintillant - de l’idée des processions qui ont eu lieu il y vingt siècle. Le cortège se confronte par ailleurs aux processions fortuites de l’urbanisme.
Il ne s’agit absolument pas de reconstitution historique. Il s’agit juste de laisser dériver des lectures et des sens à partir d’une référence soigneusement délimitée.


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----------------------------he's one that goes To sea for nothing but to make him sick
conception et interprétation : françois chaignaud
 
mardi 20, mercredi 21, jeudi 22, vendredi 23 septembre à 21h, en appartements, rendez-vous à 20h30 à la Fondation Cartier
et samedi 24 septembre à 13h, 14h30, 16h, 17h30 et 19h à la Fondation cartier
 
- he’s one that goes To sea for nothing but to make him sick - est un petit squelette mobile, qui s’adapte à toutes sortes d’appartements et de salons. - he’s one that goes To sea for nothing but to make him sick - est un petit diptyque qui s’offre régulièrement à une dizaine de spectateurs conviés dans un appartement obscurci ou un jardin ombragé. - he’s one that goes To sea for nothing but to make him sick - requiert des oreilles de lapin, des fourrures plus étendues, des objets recouverts de fourrure (sans excès), de la technologie, des lampes, des chansons, des poésies de John Donne, des danses. - he's one that goes To sea for nothing but to make him sick - est un récital, des processions, des postures, un atelier de fourrurier, des chorégraphies osseuses, des lumières et de la musique.  
 
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réservation indispensable, tous les jours, sauf le lundi, de 12h à 20h
tel : +33 (0)1 42 18 56 72
droit d'entrée : 6,50 €, tarif réduit : 4,50€
Pass Nomades (3 soirées) : 15 €, tarif réduit : 10€
 
Fondation Cartier pour l'art contemporain
261, boulevard Raspail 75014 Paris
fondation.cartier.com

lundi 15 août 2005

des images

les images viennent sur belinda
---- > ci dessous
- autoportrait (août 2005)
- cécilia (août 2005) / [cécilia bengolea dansera dans pâquerette, le prochain ballet de belinda[
- autoportrait (juillet 2005)


composition instantanée avec mark tompkins

nous partons
essayer les draps brodés
de jean-louis b
et mark t
à la campagne
avec frans poelstra
nous isoler plusieurs semaines

il s’agit pour la première fois
pour moi
de faire d’un moyen très transitoire une fin
de dépasser mes désemparements
devant les mouvements justes ou injustes
comment savoir

de dépasser l’obstination anti-instantanée

le blogue
déja fort étique, maigre
se suspend quelques jours
le temps de la campagne

bon-été-post-quinze-août

samedi 6 août 2005

rancière jacques, la nuit des prolétaires : archives du rêve ouvrier, paris, fayard, 1981

vendredi 22 juillet 2005

lire cet été

jeanne bouvier, mes mémoires, paris, la découverte/maspéro, 1983 (1937)

lundi 18 juillet 2005

Mélangés au sombre des villes évidées
à l’attente d’un thé d’été torride
nous serons opaques à ces bizarres
nous formerons des archives déclassées
nous brillerons sur des pelouses antiphysiques

Contre des limaces en activité
les infusions tremperont avec obstination
pour verser sans cesse
quelques abstinences
aux cous de ces hommes très écarlates

les mousselines rasantes
au bord des concentrations
pour marcher des isolements tâchetés
les poissons
nous rendront intelligents nous auront rendu

il faut s’habituer à médier






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Je viens de finir d'écrire `épiphanies`, actuellement en phase de lecture rapprochée.
Se prépare un ballet `Pâquerette`.
S'écrit un mémoire de maîtrise sur l'affaire Berger-Levrault (1901-1905).

mardi 14 juin 2005

introduire

Pour une introduction, en français, atrabilaire et dynamisante, aux théories queer post-identitaires :


BOURCIER Marie-Hélène, Sexpolitiques - queerzones 2, Paris, La Fabrique, 2005


Bien à vous
fR pour beLINDA

mardi 7 juin 2005

écritures et recherches

les amis,
j'ai le plaisir de vous informer la fin de la rédaction de deux importants dossiers que je vous communiquerai volontiers si vous en avez envie.

J'ai rédigé un gros dossier sur les politiques familiales en France au XXème siècle. Moins qu’un catalogue exhaustif des mesures politiques en faveur de la famille au XXème siècle, le dossier détermine les étapes cruciales et les évolutions significatives et met en valeur les problématiques spécifiques que soulève l’histoire des politiques familiales. En interrogeant le rapport et la tension entre le pragmatisme apparent d’une mesure et l’ampleur des signifiés qui la motivent explicitement ou non, il montre les déploiements idéologiques à l'oeuvre dans les politiques familiales. Il s'est aussi agi entre autres de montrer le caractère genré de la politique familiale qui impose en creux ou positivement des normes de genre puissantes.

L'autre dossier disponible se concentre sur un sujet exceptionnellement étroit qui permet ensuite à l'analyse de fleurir, à partir d'un socle pointu : il concerne le corps et l'apparence de Marguerite Durand (la féministe) et en analyse les aspects et les enjeux (sociaux et féministes). Marguerite Durand était belle et blonde et féministe : comment se construit la beauté ? Nous montrons ainsi que c'est la mention de la beauté qui crée la beauté. Comment cette beauté se met-elle en scène et participe d'une féminité performative ? (Nous utilisons ici la traduction française de Gender Trouble de Judith Butler) Comment une blonde peut-elle être féministe ? Nous analysons les caractères, les paradoxes et l'efficience de la stratégie de Durand qui fait de sa beauté et de sa féminité des armes pour promouvoir le féminisme. Cela permet une mise en parralèle avec les chercheurs-chercheuses féministes actuels : Comment définir une politique féministe qui ne soit pas fondée sur l'identité féminine ? se demande Eric Fassin, tandis que Nacira Guénif-Souilamas s'interroge : “est-ce que je ne renforce pas ce que je prétends déconstruire ?”

fr/ pour belinda